Économie

Somiphos : 500 000 tonnes de phosphate produits depuis le début de l’année

Le complexe minier de Djebel El Onk, dans la région de Bir El Ater à Tébessa, a exporté près d’un demi-million de tonnes de phosphate depuis le début de l’année. Malgré plusieurs contraintes techniques et logistiques, les responsables du secteur affichent de grandes ambitions pour cette filière stratégique, appelée à jouer un rôle central dans la diversification de l’économie nationale et le développement des exportations hors hydrocarbures. Selon les responsables de l’entreprise Somiphos, près de 500 000 tonnes de phosphate ont déjà été produites et exportées, soit un niveau légèrement inférieur à celui enregistré durant la même période de l’année précédente, où la production avait atteint environ 570 000 tonnes. Cette baisse relative n’entame toutefois pas les ambitions du groupe, qui prévoit une nette accélération du rythme de production durant le second semestre. L’objectif affiché est de dépasser 1,5 million de tonnes exportées avant la fin de l’année, essentiellement via le port d’Annaba, afin de générer des revenus supplémentaires en devises. Les responsables du complexe reconnaissent néanmoins que plusieurs obstacles continuent de freiner le développement optimal de l’activité. Parmi les principales difficultés figurent les insuffisances du transport ferroviaire, le recours important au transport routier ainsi que les retards enregistrés dans l’acquisition des pièces de rechange et des équipements industriels importés. Afin d’améliorer les capacités d’exploitation, le complexe devrait réceptionner prochainement une vingtaine d’engins miniers de grande taille destinés à renforcer les opérations d’extraction et de chargement. Les autorités comptent également sur la modernisation du réseau ferroviaire reliant le gisement minier de Tébessa à Annaba pour fluidifier l’acheminement du minerai vers le port. À l’heure actuelle, environ 60 % des quantités exportées transitent par rail, tandis que le reste est transporté par camions. Le projet de dédoublement de la ligne ferroviaire entre Tébessa et Annaba, dont les travaux sont en phase avancée, devrait permettre d’augmenter sensiblement les capacités logistiques du secteur. Les estimations font état d’un volume quotidien de transport pouvant atteindre près de 5 700 tonnes de phosphate. Au-delà des chiffres de production, le phosphate s’impose désormais comme l’un des axes majeurs de la stratégie économique nationale. Dans un contexte marqué par la volonté des pouvoirs publics de réduire la dépendance aux hydrocarbures, le secteur minier bénéficie d’une attention croissante de l’État, qui cherche à développer des filières industrielles alternatives capables de générer des exportations et de créer de l’emploi. L’Algérie dispose en effet d’importantes réserves de phosphate, particulièrement dans la région de Tébessa, considérée parmi les plus riches du pays. Les autorités ambitionnent de transformer cette ressource naturelle en véritable moteur de croissance industrielle, notamment à travers le développement d’unités de transformation destinées à produire des engrais et des dérivés phosphatés à forte valeur ajoutée. Dans cette perspective, plusieurs projets structurants ont été engagés ces dernières années, notamment le partenariat entre les groupes Asmidal et Sonarem pour la réalisation d’usines de transformation. Cette orientation vise à réduire progressivement les exportations de matière brute au profit de produits transformés capables de mieux valoriser les ressources nationales. Le projet intégré de Bled El Hedba, à Bir El Ater, représente l’un des investissements miniers les plus stratégiques du pays. Selon les responsables du secteur, les études techniques ont été achevées et les premières étapes de mise en œuvre sont déjà engagées. Une fois opérationnel, ce projet devrait permettre de porter la production nationale de phosphate à environ 10 millions de tonnes par an, dont une grande partie destinée à la transformation industrielle locale. Les autorités espèrent ainsi renforcer la place de l’Algérie sur le marché international des fertilisants, tout en augmentant les recettes en devises et en créant des milliers d’emplois directs et indirects dans les régions minières. Grâce à ses importantes réserves minières et aux investissements engagés dans les infrastructures, le transport et la transformation industrielle, l’Algérie cherche à faire du phosphate un secteur stratégique de premier plan, traduisant la volonté de bâtir une économie plus diversifiée et moins dépendante des revenus pétroliers.

Sofia Chahine

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