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Moyen-Orient : Trump menace, Téhéran négocie en coulisses

Alors que les États-Unis multiplient les avertissements, l’Iran s’active sur plusieurs fronts diplomatiques pour préserver une marge de manœuvre. Donald Trump a averti samedi que l’Iran « passera un très mauvais moment » si aucun accord n’est conclu sur son programme nucléaire, dans un entretien téléphonique accordé à la chaîne française BFMTV. « Je n’ai aucune idée de s’ils vont le faire. S’ils ne le font pas, ils vont passer un très mauvais moment, un très mauvais moment. Ils ont intérêt à conclure un accord », a déclaré le président américain, reconnaissant dans le même souffle ignorer si un deal est proche.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tractations diplomatiques discrètes mais intenses. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué le même jour avoir « reçu des messages » de Washington en faveur d’une reprise des négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, ajoutant être ouvert à une médiation de Pékin.

Sur le terrain diplomatique, Islamabad joue désormais un rôle de facilitateur inattendu. Le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, est arrivé vendredi à Téhéran pour deux jours, officiellement afin de « promouvoir la paix régionale », selon l’agence de presse Tasnim. Sa visite fait suite à celle du chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, qui était à Téhéran quelques jours plus tôt. Les ministres iranien et pakistanais de l’Intérieur ont eu des entretiens décrits comme « approfondis » par NourNews, média proche du gouvernement iranien. Pendant ce temps, la question du détroit d’Ormuz reste au centre des tensions. Le président de la commission parlementaire iranienne pour la sécurité nationale, Ebrahim Azizi, a annoncé qu’un « mécanisme professionnel de gestion du trafic » serait prochainement opérationnel dans ce passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Seuls les navires « coopérant avec l’Iran » y auraient accès, a-t-il précisé, excluant explicitement les opérateurs liés à l’opération militaire américaine visant à escorter les navires commerciaux dans le détroit. Des pays européens auraient, selon la télévision d’État iranienne, engagé des discussions avec la marine des Gardiens de la Révolution pour obtenir le droit de passage, après des bateaux en provenance de Chine, du Japon et du Pakistan. Téhéran n’a pas communiqué les noms des États concernés.

L.S.

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