Télécoms : La fibre optique généralisée d’ici début 2027
Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a fixé samedi un horizon ferme : tous les câbles en cuivre du réseau téléphonique national seront remplacés par la fibre optique avant la fin 2026, ou au plus tard au début de l’année suivante. Une échéance annoncée à Alger, lors d’une journée d’étude consacrée à la résilience des réseaux, organisée par Algérie Télécom à la veille de la Journée mondiale des télécommunications. Le ton était celui d’un chantier qu’on veut clore, pas d’une promesse qu’on reporte. Le ministre a évoqué « l’engagement de son secteur à parachever le remplacement de tous les anciens câbles en cuivre par la fibre optique d’ici la fin de l’année en cours ou, au plus tard, début 2027 ». Derrière cette formule administrative se cache un projet d’envergure : des millions de foyers et d’entreprises encore connectés via une infrastructure vieillissante, héritée de l’ère analogique, qui doit céder la place à un réseau capable de porter les usages de demain.
Les chiffres avancés donnent la mesure du chemin parcouru. Sur les plus de sept millions d’abonnés à l’internet fixe recensés à ce jour, plus de 3,4 millions sont déjà raccordés à la fibre. C’est significatif, mais cela veut aussi dire que la moitié des abonnés tient encore au cuivre. D’où l’urgence affichée. Du côté de l’internet mobile, le parc dépasse les 51 millions d’abonnés, un volume qui illustre à quel point la connectivité est devenue structurelle dans le quotidien des Algériens. Sur la 5G, Zerrouki a choisi ses mots avec soin. Le lancement de cette technologie, a-t-il dit, permettra « d’entrer dans une nouvelle phase caractérisée par la qualité du service et l’augmentation de la capacité des réseaux à soutenir l’économie numérique ». Et il a pris soin d’ajouter que cette vision « ne se limite pas aux grandes villes à forte densité ». Ce point n’est pas anodin : depuis des années, le reproche adressé aux opérateurs est précisément de concentrer les investissements sur les zones urbaines rentables, au détriment des régions périphériques.
C’est là qu’intervient le projet de service universel des communications électroniques, dont la première phase a déjà touché 1 400 localités à faible densité de population. L’objectif est de réduire la fracture numérique entre les grandes agglomérations et les zones rurales, montagneuses ou sahariennes. Pour ces dernières, une autre piste est sur la table : les satellites en orbite non géostationnaire, dits NGSO. L’Algérie a engagé, selon le ministre, « un important processus d’ouverture » dans ce domaine, qui offre une solution là où ni la fibre ni la 4G ne peuvent économiquement aller.
Au fond, ce que Zerrouki a exposé samedi, c’est une doctrine. L’enjeu, a-t-il dit, « ne se limite pas au nombre d’abonnés, mais concerne surtout la qualité et la fiabilité du service ainsi que la capacité des réseaux à résister quelles que soient les conditions ». Autrement dit : ce n’est plus la couverture brute qui compte, c’est la robustesse. Un réseau qui tient sous la charge, qui ne s’effondre pas en cas de crise, qui sert aussi bien un village du Hoggar qu’un quartier d’Alger. C’est l’ambition affichée.
Samir Benisid

