Saihi exige transparence et résultats : La CNAC sous la loupe
Les services de sécurité sociale sont en chantier. Jeudi 22 mai, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a présidé une réunion d’évaluation consacrée aux résultats de la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC) pour les quatre premiers mois de l’année. Le message était direct : les principes de transparence, d’égalité et d’efficacité ne sont pas négociables. La rencontre s’inscrit dans une série de réunions périodiques que le ministre tient avec les institutions relevant de son secteur. Le directeur général de la CNAC y a présenté un bilan détaillé des indicateurs enregistrés jusqu’en avril, mais aussi l’état d’avancement des instructions formulées lors des sessions précédentes — notamment celles portant sur la modernisation des mécanismes de gestion et l’amélioration de la qualité du service public. Saihi n’a pas mâché ses mots. Il a appelé à « consolider les valeurs du service public à travers une prise en charge équitable de l’ensemble des usagers, sans aucune forme de discrimination, tout en œuvrant à l’amélioration de la relation avec le citoyen et au renforcement de la confiance dans le service public ». Une formulation qui, dans le contexte algérien, résonne comme un constat autant que comme une injonction : des usagers inégalement traités selon leur situation ou leurs relations, c’est précisément ce que le ministère entend corriger.
Sur le plan opérationnel, le ministre a donné des instructions précises. Il a ordonné « le traitement de l’ensemble des dossiers avec la célérité et l’efficacité requises, la simplification des procédures administratives et l’ancrage d’une culture d’accompagnement et de suivi permanent, de manière à garantir l’amélioration de la qualité des services et à rapprocher davantage l’administration du citoyen ». Autrement dit, les dossiers qui traînent, les guichets qui découragent, les formulaires qui se multiplient : c’est fini, ou du moins ça devrait l’être.
La CNAC n’est pas seulement un filet de sécurité pour les demandeurs d’emploi. Elle est aussi un levier pour l’économie. Saihi l’a rappelé en instruisant de « renforcer l’accompagnement des entreprises économiques et des employeurs, à travers l’activation des différentes mesures incitatives et d’encouragement mises en place par le secteur en matière de promotion de l’emploi et de soutien à la création d’activités ». Les dispositifs existent, mais leur activation reste souvent insuffisante. Le ministre a clairement signifié que les résultats attendus — création d’emplois, soutien à l’investissement — ne souffrent plus de délai.
La question des ressources humaines a également occupé une place centrale. Saihi a insisté sur la nécessité de « consacrer les principes de justice, d’équité, et d’égalité dans la gestion des ressources humaines de la CNAC, tout en accordant une importance particulière au développement de leurs compétences à travers l’élaboration de programmes de formation et de perfectionnement, afin de s’adapter aux transformations numériques et aux exigences de la gestion moderne ». Une administration qui exige la performance de ses agents sans les former n’avance pas. Ce point, souvent esquivé dans les discours officiels, a été posé sans détour. La numérisation est au cœur du projet. Le ministre a appelé à « poursuivre les efforts de modernisation et de numérisation et à généraliser l’utilisation des technologies modernes, afin de simplifier les procédures administratives, d’améliorer les conditions d’accueil des citoyens, et d’offrir des services plus efficaces et plus transparents ». L’Algérie a engagé depuis plusieurs années une transition numérique dans ses administrations publiques. La CNAC est attendue au tournant : le citoyen algérien, habitué à des délais longs et à des procédures opaques, mesure les progrès à l’aune de son expérience quotidienne, pas des annonces. En clôture de réunion, Saihi a fixé le cap en des termes qui ne laissent guère de place à l’ambiguïté : « poursuivre le travail de terrain avec responsabilité et engagement, et intensifier les efforts en vue de concrétiser les objectifs du secteur relatifs au renforcement de la protection sociale, au soutien à l’emploi, et à l’amélioration du service public, à même de répondre aux aspirations des citoyens, et d’accompagner la dynamique de développement que connait notre pays ».
Chokri Hafed

