Économie

Sous-traitance automobile : Les constructeurs mondiaux affichent leur intérêt pour l’Algérie

Des délégations de plusieurs marques internationales se succèdent à Oran ce mois de juin pour ausculter les capacités industrielles locales.

Depuis le début du mois de juin 2026, la wilaya d’Oran vit au rythme des visites de délégations représentant plusieurs constructeurs automobiles de marques internationales qui se succèdent sur le terrain, pour se rendre dans les unités de production locales pour évaluer leur potentiel et explorer les possibilités concrètes de partenariat. Le président de la Bourse de sous-traitance et de partenariat de l’Ouest, Rachid Bekhchi, a indiqué à l’APS que « la wilaya a enregistré, ces derniers jours, la visite d’une délégation relevant d’un constructeur automobile, tandis qu’une autre délégation (était) attendue aujourd’hui, dimanche. D’autres visites similaires sont également programmées au cours des jours à venir. »

Le mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large, engagée depuis le début de l’année 2026 autour du développement de la sous-traitance automobile en Algérie. En janvier, le ministre de l’Industrie avait affiché l’objectif d’atteindre un taux d’intégration locale de 30 % dans la filière automobile à l’horizon 2028. En avril, une rencontre d’affaires algéro-italienne organisée à Turin, en marge des relations industrielles tissées avec le groupe Stellantis, présent en Algérie à travers son usine de Tafraoui,  avait permis à une quarantaine d’équipementiers algériens de se présenter directement devant des donneurs d’ordres européens. Stellantis, dont le site algérien assemble les modèles Fiat et autres véhicules du groupe, avait alors exprimé sa disponibilité à intégrer davantage de composants produits localement dans ses chaînes d’approvisionnement, à condition que les fournisseurs algériens atteignent les standards de qualité et de délais requis. Une condition qui résume à elle seule tout l’enjeu du moment.

C’est précisément ce que les délégations en visite à Oran sont venues vérifier de leurs propres yeux. Selon Bekhchi, « ces visites permettent aux opérateurs étrangers de prendre connaissance, de près, des capacités de production des entreprises locales et de leur degré de préparation pour répondre aux exigences de l’industrie automobile moderne, notamment dans le domaine de la fabrication de pièces et composants à forte valeur ajoutée ». Autrement dit,  l’Algérie ne se contente plus de proposer une main-d’œuvre bon marché ou des avantages fiscaux. Elle met désormais en avant une base industrielle existante, à évaluer, à tester, à certifier. L’enjeu est considérable. La filière de la sous-traitance automobile représente, dans les économies industrielles matures, plusieurs fois plus d’emplois et de valeur ajoutée que le simple assemblage final. Pour l’Algérie, dont la politique automobile a longtemps oscillé entre velléités industrielles et importations massives, l’intégration dans les chaînes mondiales de production de composants constituerait un saut qualitatif majeur. Bekhchi ne s’y trompe pas lorsqu’il souligne « l’intérêt croissant manifesté par différentes marques automobiles internationales pour l’Algérie, qui s’affirme de plus en plus comme une destination industrielle capable d’accueillir des activités de production et des projets de partenariat ».

Samir Benisid

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