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Palestine occupée : L’ONU dénonce le génocide et appelle à une mobilisation humanitaire d’urgence

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé mardi depuis Genève un réquisitoire sans équivoque contre l’entité sioniste, accusant ses forces et ses colons d’accélérer délibérément la destruction des communautés palestiniennes et l’annexion de leurs terres. Une charge que les faits viennent étayer avec une brutalité chiffrée. Depuis le 1er janvier 2026, 57 Palestiniens sont tombés en martyrs en Cisjordanie occupée, près de 1.300 ont été blessés — dont beaucoup par des tirs de colons —, des centaines ont été arrêtés, et 23 ordres de confiscation de terres ont été émis par les autorités d’occupation. «Les déclarations de certains responsables israéliens concernant l’expulsion de tous les Palestiniens de Ghaza et l’élimination de toute possibilité d’un État palestinien viable sont totalement condamnables et illégales», a martelé M. Türk devant le Conseil des droits de l’homme.

La même journée, des colons sionistes ont incendié deux mosquées en Cisjordanie occupée, la Grande Mosquée de Jaljalia et la mosquée Al-Farouq dans les fermes d’Al-Nubani, au nord de Ramallah. Des slogans racistes et incitant à la haine ont été inscrits sur les murs de la première. Des citoyens ont tenté d’affronter les assaillants ; les forces d’occupation ont répondu en prenant d’assaut Jaljalia, tirant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. L’agence de presse palestinienne Wafa, qui a rapporté ces faits, fait état de dommages matériels dans les deux édifices religieux.

À Ghaza, l’agression génocidaire sioniste poursuit son œuvre meurtrière. Le bilan communiqué mercredi par les autorités sanitaires palestiniennes s’établit à 73.016 martyrs et 173.265 blessés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 1.005 Palestiniens ont encore été tués, 3.157 blessés, et les corps de 784 martyrs ont pu être récupérés. De nombreuses victimes se trouvent toujours sous les décombres. Face à cette catastrophe humaine, les Nations Unies ont lancé mercredi un appel urgent à un renforcement des financements pour les opérations humanitaires dans la bande de Ghaza. Le porte-parole Stéphane Dujarric a pointé l’insuffisance du carburant, des huiles moteur et des pièces de rechange, qui continue de paralyser les services d’eau, d’assainissement et de gestion des déchets solides. «La production, le traitement et la distribution de l’eau se poursuivent grâce à une allocation prioritaire du carburant, mais à un rythme réduit», a-t-il précisé. Sur le plan alimentaire, environ 420.000 personnes ont bénéficié d’une aide couvrant près de 75% des besoins caloriques quotidiens lors des deux premières semaines de juin. Quelque 2.200 éleveurs ont reçu du fourrage entre le 1er et le 9 juin, et plus de 1.000 agriculteurs ont perçu une aide de 2.500 dollars chacun depuis fin mars pour relancer la production locale. «Les besoins restent immenses», a néanmoins averti M. Dujarric, appelant à «un accès humanitaire durable, à des approvisionnements suffisants en carburant et à un renforcement des financements».

La situation des femmes et des filles constitue une autre ligne d’alarme. Le représentant du Fonds des Nations Unies pour la population en Palestine a mis en garde, mercredi, contre la détérioration continue de leur état de santé physique et mentale, sous l’effet cumulé de la crise humanitaire, des restrictions de mouvement et de l’escalade de la violence de l’occupant. En Cisjordanie, «les difficultés d’accès aux services de santé s’aggravent en raison des barrages et de l’intensification de la violence des colons». Le Fonds soutient les services de santé reproductive et de protection des femmes, mais dénonce «un important déficit de financement qui menace la continuité de ces services».

L.S.

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