Tubes en acier : Le géant indien Jindal SAW prospecte le marché algérien
Un autre grand nom de l’industrie mondiale frappe à la porte de l’Algérie. Le groupe indien Jindal SAW Ltd, troisième producteur mondial de tubes en fonte et l’un des leaders incontestés de l’acier tubulaire, a officiellement manifesté son intérêt pour l’implantation d’un complexe industriel de fabrication de tubes en acier sur le territoire national.
L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a annoncé dimanche que son directeur général, Omar Rekkache, a reçu au siège de l’agence une délégation de haut niveau du groupe, conduite par son président, Prithavi Raj Jindal, en présence de l’ambassadrice de l’Inde en Algérie, Swati Vijay Kulkarni. Selon le communiqué de l’AAPI, la délégation indienne a présenté « un exposé sur ce projet d’investissement visant à implanter un complexe industriel de fabrication de tubes en acier de différents diamètres et dimensions, afin de contribuer à répondre aux besoins du marché national et à renforcer les industries de transformation liées aux secteurs de l’énergie, des ressources en eau et des infrastructures ». La séance de travail a également permis de passer en revue « le climat d’investissement en Algérie et les procédures en vigueur pour la concrétisation des projets d’investissement, outre les avantages et les incitations offerts par le cadre juridique régissant l’investissement ».
Le pedigree de Jindal SAW n’est pas anodin. Fondé en 1984 à Mathura, le groupe est une filiale du conglomérat O.P. Jindal, pesant 16,5 milliards de dollars, et dispose de seize sites de production en Inde et à l’étranger. Ses installations couvrent l’Inde, les États-Unis, l’Europe et les Émirats arabes unis, et son chiffre d’affaires annuel dépasse les deux milliards de dollars. Le groupe s’est fait une spécialité des grandes infrastructures de transport de fluides, pétrole, gaz, eau, des secteurs qui correspondent précisément aux chantiers en cours en Algérie. En juin 2025, Jindal SAW venait encore d’approuver un plan d’expansion de 118 millions de dollars au Moyen-Orient, avec une nouvelle usine à Abou Dhabi et des coentreprises en Arabie saoudite, dont les opérations s’étendent désormais à l’Algérie.
La démarche de Jindal SAW s’inscrit dans un mouvement plus large. Les investisseurs étrangers s’intéressent à plusieurs secteurs clés, encouragés par l’amélioration du climat des affaires ces dernières années, selon le directeur général de l’AAPI. Le même responsable avait relevé début 2025 que des entreprises allemandes et italiennes avaient entamé des discussions pour des projets industriels, et que le projet Hyundai dans l’automobile progressait positivement. Le FMI a de son côté salué les efforts déployés par les autorités pour améliorer le climat des affaires, citant notamment la création d’un guichet unique pour l’accès au foncier et les efforts visant à aligner les exportations sur les normes internationales. Le secteur industriel algérien a par ailleurs enregistré une croissance de 18 % en 2025, ce qui renforce l’attrait du pays pour des groupes cherchant à ancrer leur production dans un marché de 46 millions de consommateurs adossé à des besoins d’infrastructure colossaux.
Samira Ghrib

