1 092 narcotrafiquants arrêtés en six mois : L’ANP en guerre ouverte contre les réseaux de la drogue
Le bilan semestriel de l’Armée nationale populaire, publié samedi par le ministère de la Défense nationale, dresse un tableau saisissant de la pression que font peser les réseaux criminels sur les frontières algériennes. En six mois à peine, 1 092 narcotrafiquants ont été arrêtés, 156,5 quintaux de kif traité interceptés aux frontières avec le Maroc, 730,46 kilogrammes de cocaïne saisis et 25,6 millions de comprimés psychotropes mis hors circuit. Des chiffres qui, mis en regard des bilans annuels précédents, attestent d’une intensification préoccupante du phénomène.
Le communiqué du MDN est sans ambages sur l’ampleur de la tâche. «Dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée, les différentes unités de l’ANP ont intensifié leurs efforts, en coordination avec les services de sécurité, afin de faire face à ce fléau dans notre pays. À ce titre, 1 092 narcotrafiquants ont été arrêtés et des tentatives d’introduction de 156,5 quintaux de kif traité à travers les frontières avec le Maroc ont été déjouées», souligne le communiqué. Et d’ajouter que «les opérations ont également permis la saisie de 730,46 kilogrammes de cocaïne et de 25,6 millions de comprimés psychotropes.»
La comparaison avec les bilans annuels précédents est éloquente. Sur l’ensemble de l’année 2025, l’ANP avait arrêté 2 354 narcotrafiquants, mis en échec l’introduction de 35 tonnes de kif traité depuis les frontières avec le Maroc, et saisi 934 kilogrammes de cocaïne et 40 millions de comprimés psychotropes. En d’autres termes, le premier semestre 2026 représente déjà près de la moitié du volume annuel de kif intercepté en 2025, et les saisies de cocaïne sur six mois (730 kg) atteignent les trois quarts du total enregistré sur toute l’année précédente. Si la cadence se maintient, 2026 s’annonce comme une année record sur ce front.
La cocaïne, jadis marginale dans les saisies, occupe désormais une place croissante, signe que le Maroc ne fait plus transiter seulement son haschich, mais devient un point de passage pour la poudre blanche venue d’Amérique latine. Les autorités algériennes ont depuis longtemps mis en cause la passivité du voisin de l’Ouest pour contenir à ses frontières sa drogue, une «triste célébrité» devenue «une arme entre les mains du Makhzen».
Au-delà du narcotrafic, le bilan du premier semestre 2026 décrit un front sécuritaire multidimensionnel. Sur le plan antiterroriste, 23 terroristes ont été neutralisés et 147 éléments de soutien aux groupes armés arrêtés, avec la récupération de 49 armes à feu. La lutte contre la criminalité transnationale a par ailleurs conduit à l’arrestation de 8 111 individus, à la saisie de 856 véhicules, de 3 442 marteaux-piqueurs, de 6 436 groupes électrogènes, autant d’équipements liés à l’orpaillage clandestin au grand Sud, ainsi que de 945 397 litres de carburant et 726 quintaux de tabac destinés à la contrebande. Le MDN fait également état de la saisie d’«1 160 tonnes de denrées alimentaires destinées à la contrebande et à la spéculation illicite, lors de diverses opérations menées à travers l’ensemble du territoire national». Sur le volet migratoire, 9 056 migrants clandestins de différentes nationalités ont été interceptés sur le territoire national.
Le MDN résume l’esprit de ce bilan en soulignant que «les opérations menées ont permis d’enregistrer des résultats opérationnels qualitatifs sur le terrain, lesquels reflètent la pertinence de l’approche adoptée par le Haut Commandement de l’ANP, ainsi que le haut niveau de compétence opérationnelle et l’état de disponibilité permanent de nos Forces armées.»
Lyna Larbi

