La campagne électorale s’achève et le silence s’impose : La dernière ligne droite
À quelques heures du coup de sifflet final, les formations politiques en lice pour les législatives du 2 juillet ont livré dimanche leurs derniers meetings, leurs derniers arguments, leurs derniers appels aux électeurs. Dimanche à minuit, le silence électoral est entré en vigueur sur l’ensemble du territoire national et avec lui, l’interdiction de toute forme de propagande, de rassemblement politique ou de diffusion de messages de campagne, sous peine de sanctions pénales prévues par la loi électorale.
La loi organique relative au régime électoral est sans ambiguïté sur ce point, dès l’ouverture de la période de silence, la publication de sondages d’opinion, la diffusion de messages de campagne sur les réseaux sociaux et toute activité de nature à influencer le vote sont formellement prohibées. L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) avait d’ailleurs anticipé en imposant dès samedi l’interdiction de publier des intentions de vote pour la circonscription de la communauté nationale à l’étranger, dont le scrutin précède celui du territoire national. Les contrevenants s’exposent à des poursuites judiciaires, les candidats fautifs risquant en outre l’invalidation de leurs résultats.
C’est dans ce compte à rebours que les derniers meetings de la campagne ont pris une tonalité particulière. À Saïda, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), a choisi le Théâtre régional Sirat-Boumediene pour son ultime prise de parole. Pour elle, le scrutin de jeudi représente « une opportunité de renforcer le rôle de l’institution législative et de lui permettre d’assumer pleinement ses missions de contrôle de l’action gouvernementale ainsi que d’adoption de lois répondant aux aspirations des citoyens ». La responsable politique a également mis l’accent sur les enjeux socio-économiques, insistant sur « la création de davantage d’emplois pour les jeunes et la préservation du pouvoir d’achat des citoyens », avant d’appeler ses partisans à choisir des candidats « capables de les représenter et de défendre leurs préoccupations au sein de l’Assemblée populaire nationale ».
À Alger, c’est la Coupole du complexe olympique Mohamed-Boudiaf qui a accueilli le dernier grand meeting du Mouvement de la société pour la paix (MSP). Son président, Abdelali Hassani Cherif, a placé son discours sous le signe d’un Parlement renforcé et d’une vision politique élargie. « La prochaine étape exige un Parlement fort et une vision politique fondée sur un large partenariat », a-t-il affirmé, définissant l’ambition de sa formation autour d’une « vision fondée sur un large partenariat politique visant à sécuriser le parcours du pays, à préserver sa souveraineté et à assurer son essor ». Il a également appelé à « réaliser une mobilisation populaire générale autour des grands choix du pays et des enjeux de cette étape ». Dans la wilaya de Tipasa, Fateh Boutbig, président du Front El Moustakbal, a développé devant ses militants un programme articulé autour de trois axes concrets : la création de pôles régionaux de formation sportive, la mise en place de conseils locaux dédiés à la jeunesse pour associer les moins de trente ans à la prise de décision, et une modernisation du secteur des transports s’appuyant sur l’intelligence artificielle et la numérisation. Il a, en outre, réaffirmé l’engagement de son parti à « poursuivre la lutte contre la corruption et à renforcer le front intérieur », appelant à l’adoption d’un « pacte politique » fondé sur « la sincérité, l’engagement et la modération ».
Le FLN, lui, avait déployé ses cadres aux quatre coins du pays. À In-Salah, Hamid Boucharef, mandaté par le secrétaire général du parti, a misé sur la fibre générationnelle, affirmant que « l’Algérie victorieuse ne peut se construire qu’avec les jeunes et les compétences », ajoutant que cette orientation traduit « la volonté de l’État de rajeunissement des élites et d’implication des générations montantes dans la construction de l’avenir ».
Les listes indépendantes n’ont pas été en reste. À El-Meghaier, le représentant de la liste « Défi et Action », Hichem Bouchemal, a consacré ses dernières rencontres de proximité aux enjeux agricoles de la wilaya, promettant de défendre « la filière des dattes, le suivi de leur stockage, commercialisation et exportation », et de « transmettre les préoccupations des agriculteurs et des opérateurs économiques aux instances centrales concernées ». À Relizane, Ahmed Laroussi Rouibat, président d’El Wassit Essiyassi, a lui aussi plaidé pour « de jeunes compétences capables de défendre les préoccupations des citoyens au niveau de l’APN », invitant les électeurs de sa wilaya à choisir leurs représentants « en toute responsabilité ».
La campagne électorale s’est achevée, et le silence est de mise. Le verdict est désormais entre les mains des électeurs et des urnes.
Hocine Fadheli

