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Ghaza : 80% de l’enclave occupée par les forces sionistes

Mille jours se sont écoulés depuis le déclenchement, le 7 octobre 2023, de l’agression sioniste génocidaire contre la bande de Ghaza, où les forces d’occupation contrôlent désormais 80% du territoire assiégé et où plus de 90% des infrastructures ont été détruites, selon un bilan communiqué samedi par les autorités de l’enclave palestinienne, alors que de nouvelles violations continuaient d’être enregistrées dimanche à Ghaza comme en Cisjordanie occupée.

Faisant le point sur l’ampleur des destructions depuis le début de l’offensive, le Bureau des médias du gouvernement de Ghaza a fait état de plus de 73.000 Palestiniens tombés en martyrs, parmi lesquels plus de 21.500 enfants, dont 1.022 nourrissons. Le bilan fait également état de 9.500 disparus, dont beaucoup seraient ensevelis sous les décombres, et de 173.514 blessés. Selon la même source, environ 223.000 tonnes d’explosifs ont été déversées par l’entité sioniste sur l’enclave palestinienne depuis le début de l’agression.

Alors que la quasi-totalité de Ghaza est réduite en ruines, l’accord de cessez-le-feu censé mettre un terme à l’agression s’effrite quelques mois seulement après son entrée en vigueur. Au lieu du retrait progressif prévu par le plan de paix, l’entité sioniste a au contraire étendu son emprise sur le territoire, tandis que seul un tiers des camions d’aide humanitaire que l’occupation s’était engagée à laisser entrer quotidiennement parvient effectivement à destination. Les forces d’occupation ont par ailleurs tué plus de 1.000 Palestiniens depuis l’entrée en vigueur de la trêve d’octobre, précisent les autorités sanitaires palestiniennes, qui font état de 1.066 martyrs et 3.445 blessés depuis cette date, ainsi que de la récupération des corps de 797 martyrs.

La population de Ghaza demeure exposée à un risque extrême de famine, avec près de 400.000 personnes ne disposant que d’un seul repas par jour, tandis que 62% des médicaments essentiels aux soins de santé primaires font défaut. Selon les Nations unies, le développement humain à Ghaza a subi un recul de 77 ans, l’espérance de vie étant tombée à 40 ans. L’agression a laissé derrière elle environ 68 millions de tonnes de décombres, dont à peine 310.000 tonnes, soit moins de 0,5%, ont pu être déblayées, un rythme qui nécessiterait plus de 140 ans pour venir à bout de cette seule tâche. Le maire de la ville de Ghaza, Yahya al-Sarraj, a résumé l’ampleur du désastre en affirmant que « nous avons perdu environ 85 à 90% de nos ressources, de nos bâtiments et de nos infrastructures », ajoutant que « nous nous sentons souvent paralysés ».

Le système de santé palestinien paie lui aussi un lourd tribut à l’agression sioniste. Plus de 1.700 membres du personnel médical ont été tués et plus de 330 autres arrêtés depuis octobre 2023, selon le directeur du complexe médical Al-Shifa, Dr Mohammed Abou Salmiya, qui a indiqué que le nombre de décès liés à l’effondrement du système de santé dépasse désormais celui des victimes directes des bombardements. Il a précisé qu’environ 1.500 patients sont morts en attendant l’autorisation de quitter Ghaza pour recevoir des soins à l’étranger, tandis que 88 autres demeurent détenus dans les prisons de l’occupation, qualifiant la situation de « catastrophe humanitaire sans précédent ». Le plus grand hôpital de l’enclave, pris d’assaut à deux reprises en décembre 2023 puis en mars 2024, a perdu l’essentiel de ses capacités de fonctionnement. Ghaza compte aujourd’hui plus de 173.000 blessés, dont des milliers nécessiteront des années de traitement, ainsi qu’environ 6.000 amputés et plus de 2.000 personnes frappées de paralysie totale. Plus de 22.000 malades ont besoin de soins hors de l’enclave, mais seule une trentaine de patients sont autorisés à franchir le poste-frontière de Rafah lors de ses ouvertures irrégulières. Plus de la moitié des médicaments essentiels et plus de 70% des fournitures médicales manquent, alors qu’il n’existe plus, selon le responsable, un seul appareil d’IRM en fonctionnement dans l’enclave. Dans ce contexte, une évacuation médicale de 37 patients palestiniens et de leurs accompagnateurs a eu lieu dimanche vers le poste-frontière de Rafah, depuis l’hôpital d’Al-Mawasi à Khan Younès, avec le concours du Croissant-Rouge palestinien et de l’Organisation mondiale de la santé.

Sur le terrain, la bande de Ghaza a connu dimanche de nouvelles agressions, marquées par des destructions massives d’habitations, des tirs et des bombardements navals. Cinq attaques ont visé le nord de l’enclave, notamment à Choujaïya et Beit Lahia, où d’importantes destructions ont été recensées, les explosions ayant été entendues jusqu’à Khan Younès. Dans les zones centrales, des chars sionistes ont progressé au sud-est du camp d’Al-Maghazi sous une intense couverture de tirs, tandis qu’à Khan Younès et Rafah, des navires de guerre ont bombardé depuis le large les zones côtières et visé les embarcations de pêcheurs palestiniens.

La Cisjordanie occupée n’a pas été épargnée, l’armée d’occupation y ayant mené samedi une vaste campagne de raids et d’arrestations à Ramallah, Al-Bireh, Naplouse, Tubas, Qalqilya, Jénine et El Khalil, accompagnée d’exactions de colons contre les habitants de plusieurs localités. Réagissant à cette escalade, le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, a affirmé que ces attaques s’inscrivent dans une politique délibérée des autorités d’occupation visant à déraciner le peuple palestinien de sa terre, dénonçant un « système de terrorisme mis en œuvre par les groupes de colons sous la protection de l’armée d’occupation » et appelant la communauté internationale à mettre fin à l’impunité de l’entité sioniste.

Lyes Saïdi

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