Programmes prévisionnels d’importation : Des mesures pour fluidifier les procédures
Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a instruit lundi à Alger ses services de traiter sans délai les demandes des opérateurs économiques relatives aux programmes prévisionnels d’importation pour le second semestre de l’année, une mesure destinée à fluidifier les circuits administratifs à un moment où l’Algérie tente de consolider ses performances commerciales hors hydrocarbures, selon un communiqué du ministère.
Lors d’une réunion de travail consacrée à ce dossier ainsi qu’au renforcement des mécanismes d’accompagnement des exportateurs, le ministre a insisté sur « la nécessité d’entamer immédiatement le traitement des demandes et de les viser, dès que l’opérateur économique aura rempli sa demande via la plateforme numérique ». Il a également demandé « la mise en place d’équipes de permanence afin d’assurer la continuité de la prise en charge des demandes et de fournir l’accompagnement nécessaire aux opérateurs économiques avec efficacité et efficience », précise le communiqué.
Le ministre a par ailleurs rappelé aux opérateurs l’importance de régulariser leur situation vis-à-vis des services fiscaux et des caisses de sécurité sociale, une condition jugée essentielle pour finaliser leurs dossiers. Concernant les exportations hors hydrocarbures, Kamel Rezig a plaidé pour un accompagnement soutenu de la dynamique du secteur, à travers l’écoute des préoccupations des opérateurs et leur prise en charge rapide, afin de renforcer la présence du produit algérien sur les marchés extérieurs. Il a enfin appelé à « améliorer la qualité de la performance administrative, en adéquation avec les efforts de l’Etat visant à améliorer le climat des affaires, à promouvoir les exportations hors hydrocarbures et à consacrer l’administration numérique en tant que choix stratégique permettant de rapprocher le service des opérateurs économiques », conclut le communiqué.
Cette instruction s’inscrit dans la continuité d’une note transmise le 1er juillet par l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (Abef) aux directeurs généraux des banques, relayant des instructions du ministère sur le suivi des opérations d’importation pour propre besoin, au titre du fonctionnement et des équipements. Le document précise que « la période de validité des programmes prévisionnels d’importation au titre du fonctionnement pour le premier semestre 2026 prend fin le 30 juin 2026, à l’exception des positions tarifaires ayant déjà fait l’objet d’une domiciliation bancaire ». La note prévoit toutefois plusieurs dérogations, avec une prorogation jusqu’au 31 décembre 2026 pour les PPI soumis à l’autorisation préalable du ministère de l’Industrie pharmaceutique, ainsi que pour les programmes complémentaires du premier semestre. Les programmes relatifs aux équipements, de même que ceux enregistrés dans le cadre de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, obéissent au même principe de clôture au 30 juin, sauf libération au cas par cas par le ministère via la plateforme numérique.
Ce resserrement du calendrier des PPI s’inscrit dans une refonte progressive du dispositif engagé depuis juillet 2025, lorsque le ministère avait exigé pour la première fois la présentation d’un programme prévisionnel comme préalable à toute domiciliation bancaire, dans un objectif affiché de rationaliser le commerce extérieur et de préserver les réserves de change. Le mécanisme a depuis connu plusieurs ajustements successifs, dont l’autorisation exceptionnelle accordée en novembre dernier aux banques pour domicilier les factures d’importation incluant le fret sans autorisation préalable, une mesure reconduite à plusieurs reprises jusqu’au 31 décembre 2026. En avril, une réunion de coordination avait par ailleurs réuni le ministère, l’Abef et les banques commerciales autour des modalités de changement de banque ou d’agence dans le cadre de la domiciliation des PPI, notamment pour les opérateurs affectés par la suspension de l’activité de commerce extérieur de certains établissements bancaires. L’accélération demandée aujourd’hui pour le traitement des dossiers du second semestre vise ainsi à éviter toute rupture dans les circuits d’approvisionnement des opérateurs, au moment où le dispositif entre dans une nouvelle phase de son application.
Cette instruction ministérielle intervient aussi dans un contexte où les exportations hors hydrocarbures poursuivent leur progression, quoiqu’à un rythme plus modéré qu’en 2025. Après une hausse de 26% enregistrée sur les neuf premiers mois de 2025, portant leur valeur à 4,3 milliards de dollars, ces exportations ont continué leur progression au premier trimestre 2026, avec une hausse de 16% par rapport à la même période de 2025, selon les données communiquées récemment par le directeur central de la promotion des exportations au ministère du Commerce extérieur. Les filières des engrais et produits chimiques, des matériaux de construction et de la céramique, ainsi que des appareils électriques et électroménagers continuent de tirer cette dynamique, aux côtés de premières expéditions vers des marchés inédits comme le Canada ou l’Amérique latine.
Sabrina Aziouez

