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Escroquerie en ligne : L’avertissement de la Gendarmerie et la DGSN

Le Commandement de la Gendarmerie nationale et la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) ont alerté, dimanche, dans un communiqué conjoint, sur la multiplication de tentatives d’escroquerie électronique orchestrées par des individus se faisant passer pour des agents des deux corps de sécurité, dans le but de soutirer aux citoyens leurs données personnelles et bancaires, notamment celles liées à la carte Edahabia.

Le texte, diffusé ce dimanche, précise que « des tentatives d’escroquerie électronique ont été récemment détectées, menées par des individus inconnus usurpant la qualité de membres de la Gendarmerie nationale et de la Sûreté nationale, qui prennent contact avec les citoyens par le biais d’appels téléphoniques, de SMS ou via d’applications sur les réseaux sociaux, leur demandant de communiquer des informations personnelles ou des données relatives à la carte Edahabia ou aux comptes postaux. »

Le communiqué souligne que ces manœuvres frauduleuses « ont eu pour conséquence que plusieurs citoyens ont été victimes de la spoliation de leurs fonds après avoir communiqué leurs données confidentielles, les escrocs exploitant la confiance qu’ils accordaient aux institutions officielles ». Face à ce phénomène, les deux institutions rappellent fermement que « leurs unités ne demandent en aucun cas aux citoyens, quel que soit le moyen de communication utilisé, les données de la carte Edahabia ou le code confidentiel ». Un point de vigilance essentiel, tant l’usurpation d’autorité constitue l’un des ressorts les plus efficaces employés par les cybercriminels pour abuser de la confiance des victimes. Le Commandement de la Gendarmerie nationale et la DGSN appellent ainsi « l’ensemble des citoyens à faire preuve de la plus grande vigilance et prudence, à ne divulguer aucune information personnelle ou bancaire, quel que soit le moyen de communication utilisé, à quiconque, quelle que soit la qualité qu’il prétend avoir, et à signaler immédiatement toute tentative d’escroquerie ou d’usurpation de qualité aux services de la Gendarmerie nationale ou de la Sûreté nationale, afin de préserver leur sécurité et leurs biens, ou à contacter les numéros verts 1055/1548 ». Les deux corps réitèrent enfin leur engagement à « poursuivre les efforts de lutte contre la cybercriminalité, à protéger les citoyens et leurs biens et à renforcer la sensibilisation aux risques liés aux nouvelles méthodes d’escroquerie ».

Cette mise en garde intervient alors que les statistiques officielles témoignent d’une progression soutenue de la délinquance numérique en Algérie. Selon le bilan présenté début avril 2026 par la DGSN, l’Algérie a enregistré 13 204 affaires de cybercriminalité en 2025, impliquant 7 815 individus, un chiffre en nette hausse par rapport aux années précédentes. Sur le plan international, le pays reste classé au niveau « établissement » (T3) selon la 5ᵉ édition du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications, un positionnement qui traduit un cadre encore en construction face à l’ampleur du phénomène.

Du côté de la Gendarmerie nationale, les derniers chiffres disponibles font état d’une trajectoire tout aussi préoccupante. Plus de 2 700 affaires avaient été traitées entre janvier et octobre 2024, soit une hausse de 15% par rapport à la même période de l’année précédente, selon le service central de lutte contre la cybercriminalité de l’institution. Parmi les infractions les plus fréquentes figurent le cyberharcèlement, la cyberescroquerie et les atteintes aux systèmes de traitement automatique des données, cette dernière catégorie ayant connu une progression marquée, passant de 370 affaires à 550 en une seule année.

Des données qui incite à redoubler de vigilance.

Malik Meziane

admin

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