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Guerre au Moyen-Orient : La médiation pakistanaise appelle à la retenue

Le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, engagé dans la médiation au Moyen-Orient, a reçu mardi le ministre iranien de l’intérieur Eskandar Momeni. Selon un communiqué du bureau du chef du gouvernement pakistanais, M. Sharif a demandé à l’ensemble des parties au conflit de faire preuve de mesure et d’éviter toute initiative qui aggraverait l’instabilité régionale. Il a par ailleurs assuré son interlocuteur que le Pakistan poursuivrait son rôle d’intermédiaire dans les négociations en cours. Cette démarche diplomatique intervient alors que l’escalade militaire se poursuit sur plusieurs fronts. Dans la nuit de lundi à mardi, l’armée américaine a mené sa dixième nuit consécutive de frappes contre le territoire iranien, indiquant avoir visé des centres de commandement militaire ainsi que des cibles maritimes. En réaction, Téhéran a intensifié ses opérations dans la région, ciblant des installations liées aux intérêts américains. La Jordanie, Bahreïn et le Koweït ont tous trois rapporté avoir été la cible de tirs de drones et de missiles attribués à l’Iran.

Au Koweït, les autorités affirment que plusieurs centrales électriques et usines de dessalement ont été touchées lundi soir, pour un quatrième jour consécutif d’attaques. Le ministère de l’électricité, de l’eau et des énergies renouvelables a annoncé que les incendies provoqués avaient depuis été maîtrisés et que des équipes travaillaient à la remise en état des installations. Plusieurs unités de production ont été arrêtées par précaution afin de préserver le fonctionnement des réseaux électrique et hydraulique. Téhéran affirme de son côté viser exclusivement des intérêts américains présents sur le sol koweïtien.

Bahreïn a également signalé le déclenchement de ses systèmes d’alerte aérienne mardi après-midi, invitant la population à rester calme et à rejoindre les abris les plus proches. Peu après, l’armée bahreïnie a annoncé être parvenue à intercepter et neutraliser plusieurs attaques aériennes attribuées à l’Iran. De son côté, l’état-major koweïtien a fait état d’une interception en cours de missiles et de drones visant son territoire.

Sur le plan énergétique mondial, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a souligné que la dégradation de la situation autour du détroit d’Ormuz alimentait les craintes concernant la sécurité des approvisionnements pétroliers et l’incertitude entourant les marchés. Il a toutefois relativisé ces risques en évoquant l’existence de plusieurs facteurs d’amortissement, citant notamment les efforts de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis pour acheminer du pétrole par des routes alternatives, la hausse des exportations d’autres producteurs comme les États-Unis, le Brésil, le Venezuela et le Kazakhstan, ainsi que les mesures prises par la Chine pour réduire sa dépendance aux importations. La situation dans le détroit d’Ormuz reste tendue. Les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé avoir intercepté deux pétroliers empruntant une route maritime méridionale que Téhéran ne reconnaît pas, tandis qu’un navire transportant des hydrocarbures a été touché par un projectile non identifié au large d’Oman, selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO.

Au Liban, l’armée a par ailleurs dénoncé des tirs israéliens à proximité de ses unités en cours de déploiement dans le village de Zaoutar El-Charkiyé, dans le sud du pays. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre d’un accord conclu fin juin entre l’entité sioniste et le Liban concernant des « zones pilotes », sous parrainage américain. L’armée libanaise a estimé que cet incident risquait de compliquer la poursuite des étapes prévues par cet accord-cadre.

L.S.

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