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Silence autour des exactions israéliennes contre les médecins palestiniens : MSF dénonce « une forme de complicité »

L’organisation non gouvernementale Médecins Sans Frontières (MSF) a appelé, dans un communiqué publié lundi soir, à la libération immédiate de tous les travailleurs de la santé palestiniens détenus « arbitrairement » par l’entité sioniste dans la bande de Ghaza, dénonçant un « schéma préoccupant » de détention et de ciblage du personnel médical en Palestine occupée, et pointant la passivité de la communauté internationale face à ces agissements.

MSF a rappelé le cas du Dr Mohammed Obeid, chirurgien orthopédiste de l’organisation, détenu dans les geôles sionistes depuis plus de 600 jours dans des conditions extrêmement difficiles et sans aucun contact avec sa famille. Il avait été arrêté le 26 octobre 2024 par les forces d’occupation alors qu’il soignait des patients à l’hôpital Kamal Adwan, dans le nord de Ghaza. L’organisation exige sa libération immédiate et inconditionnelle, tout comme celle du pédiatre et directeur du même établissement, Hossam Abu Safiya, détenu depuis décembre 2024. « La détention arbitraire, la torture et les mauvais traitements infligés aux équipes médicales palestiniennes sont inacceptables », a martelé MSF, précisant que 15 de ses employés ont été tués depuis le début de l’agression sioniste contre Ghaza, en octobre 2023.

L’organisation humanitaire s’est dite « révoltée » par le traitement infligé aux professionnels de santé, dont la majorité sont détenus « sans justification ni motif », affirmant se joindre aux appels internationaux réclamant leur libération immédiate. Tant qu’ils demeurent privés de liberté, MSF exige qu’ils bénéficient d’un accès à des soins médicaux appropriés et de conditions de détention dignes, conformes au droit international. « Depuis trop longtemps, la communauté internationale reste passive face aux agissements d’Israël en Palestine. Son silence est devenu une forme de complicité », a affirmé l’organisation, dans une charge inédite contre l’inaction des chancelleries occidentales. Selon l’organisme Healthcare Workers Watch, cité par MSF, 95 professionnels de santé palestiniens demeurent détenus par les autorités israéliennes depuis octobre 2023, période au cours de laquelle plus de 1 700 membres du personnel de santé ont été tués à Ghaza.

Une escalade dénoncée par l’ONU

Cet appel de MSF intervient alors que le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a lui-même dénoncé, mardi, l’intensification des attaques de l’armée sioniste dans la bande de Ghaza, qui ont fait au moins 57 morts entre le 13 et le 20 juillet, dont six enfants et huit femmes. « Aucun endroit n’est encore sûr pour les Palestiniens à Ghaza », a affirmé à Genève le porte-parole du Haut-Commissariat, Thameen Al-Kheetan, précisant que 34 des victimes recensées durant cette période ont été tuées loin de la « ligne jaune » imposée par l’entité sioniste. Le porte-parole a rappelé qu’« attaquer délibérément des civils constitue un crime de guerre », soulignant que le déplacement régulier de cette ligne de démarcation vers l’ouest « constitue une menace permanente pour la vie des civils ». Il a appelé les États tiers à agir « de toute urgence » pour exiger le respect du cessez-le-feu et garantir que les responsables de ces violations rendent des comptes.

Neuf mois après l’annonce d’un cessez-le-feu, l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza a fait 73 293 martyrs et 173 906 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023, selon le dernier bilan provisoire des autorités sanitaires palestiniennes. Depuis l’entrée en vigueur de la trêve, le 10 octobre dernier, 1 168 Palestiniens sont tombés en martyrs et 3 798 autres ont été blessés, tandis que les corps de 802 martyrs ont pu être récupérés. Mardi encore, cinq Palestiniens, une femme et ses quatre enfants, sont tombés en martyrs dans une frappe des forces d’occupation ayant visé une maison au sud de la ville de Ghaza, selon l’agence de presse palestinienne Wafa.

La Cisjordanie occupée également sous tension

Les Nations unies ont par ailleurs mis en garde contre l’intensification des agressions des colons sionistes contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a fait état, lundi soir à New York, d’une attaque ayant fait deux martyrs et plusieurs blessés palestiniens en fin de semaine, appelant « à mettre fin aux meurtres et aux violences et à traduire leurs auteurs en justice ». Ces attaques, devenues quasi quotidiennes ces dernières années, demeurent largement impunies, selon l’organisation onusienne.

Face à ce tableau, l’appel de MSF résonne comme un rappel supplémentaire de l’impunité dont continuent de bénéficier les forces d’occupation sionistes, alors que les organisations humanitaires et onusiennes multiplient les mises en garde sans qu’aucune mesure contraignante ne soit encore prise par la communauté internationale pour faire cesser ces violations répétées du droit humanitaire à Ghaza et en Cisjordanie occupée.

Lyes Saïdi

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