Festival culturel international afro-méditerranéen de la pensée : Un rendez-vous annuel institutionnalisé
La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a institutionnalisé le festival culturel international afro-méditerranéen de la pensée, désormais rendez-vous annuel appelé à se tenir chaque année dans une wilaya différente, une décision qui vient sceller le succès de la première édition organisée fin avril à Alger et Tipasa sous le haut patronage du président Abdelmadjid Tebboune.
L’arrêté publié le 5 mai au Journal officiel N°53, pris en application du décret exécutif de 2003 fixant les modalités d’organisation des festivals culturels, transforme en institution pérenne une manifestation annoncée dès avril, lors de l’installation des nouveaux commissaires de festivals, aux côtés de la relance du « Panorama du cinéma » de Constantine et de la création d’un festival du livre-jeunesse et d’un festival de l’art rupestre du Tassili.
Baptisée « Rencontres afro-méditerranéennes de la pensée », la première édition s’est déroulée du 28 au 30 avril au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, avant de se prolonger par une soirée artistique sur le site archéologique du Mausolée royal de Maurétanie, à Tipasa. Placée sous le thème « Augustin, une émanation algérienne, africaine et méditerranéenne », sous la direction scientifique de la philosophe Naïma Hadj Abderrahmane, l’évènement s’est fixé l’objectif de consacrer la place de l’Algérie comme trait d’union civilisationnel entre le continent africain et l’espace méditerranéen, dans un contexte où le dialogue des cultures s’impose face aux replis identitaires. Cinq panels ont réuni chercheurs algériens, africains et européens autour de la figure de saint Augustin, penseur né à Thagaste, entre philosophie, spiritualité et communication culturelle.
L’événement a rassemblé la présidente de la Cour constitutionnelle Leïla Aslaoui, le conseiller diplomatique de la présidence Amar Abba, la ministre tunisienne des Affaires culturelles Amina Srarfi, ainsi que la présidente de l’Institut du monde arabe Anne-Claire Legendre et celle de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal. À la clôture, la commission scientifique a recommandé la création d’un « Centre Madaure pour la culture et la pensée », l’ouverture d’unités de recherche sur Augustin, l’intégration de ses textes au corpus scolaire national et l’encouragement de l’enseignement du latin et du grec, en plus de documentaires sur son parcours.
Saluant la réussite de cette première édition, Malika Bendouda a affirmé la volonté du ministère d’en faire un rendez-vous pérenne du dialogue intellectuel euro-afro-méditerranéen, un engagement désormais traduit dans les textes puisque l’arrêté du 17 Dhou El Kaâda 1447 en fait officiellement un festival culturel international annuel, appelé à essaimer d’une wilaya à l’autre pour ancrer durablement cette manifestation dans le paysage culturel algérien.
Mohand Seghir

