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Détroit d’Ormuz : Washington évoque un possible accord avec Téhéran d’ici mercredi

Un accord permettant la réouverture du détroit d’Ormuz pourrait intervenir dans les prochaines heures entre les États-Unis et l’Iran, a indiqué mardi le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, alors que la situation demeure tendue sur cette voie maritime stratégique, théâtre d’une nouvelle attaque contre un navire dans la nuit de lundi à mardi. Interrogé sur la chaîne CNBC, Scott Bessent a fait état de discussions en cours avec la partie iranienne, estimant qu’un accord visant à rouvrir le détroit et à amorcer une normalisation pourrait être trouvé dans un délai très court. Interrogé sur l’hypothèse d’un droit de passage accordé à l’Iran dans ce couloir maritime, le responsable américain a plutôt évoqué la perspective d’une liberté de circulation générale pour l’ensemble des navires. Le président américain Donald Trump a de son côté affirmé lundi que des négociations avec Téhéran se tenaient activement, qualifiant le moment de dernière occasion pour l’Iran de parvenir à un accord favorable. Il a évoqué une possible réouverture du détroit dès mardi. Ces déclarations n’ont toutefois pas été confirmées par la partie iranienne, qui a démenti la tenue de tout dialogue direct avec Washington.

Selon des informations rapportées par le New York Times, citant des responsables iraniens et américains proches du dossier, l’Iran et Oman seraient parvenus à un stade avancé de négociation concernant un mécanisme permettant la reprise du trafic maritime. Ce dispositif prévoirait un couloir de navigation distinct selon le sens de circulation des navires, les uns longeant les côtes iraniennes en entrant dans le golfe Persique, les autres empruntant un passage proche des eaux omanaises en sortant. Des responsables iraniens évoquent l’instauration d’une redevance de service liée à ce dispositif, une version contestée côté américain, où l’on assure qu’aucune autorisation iranienne ni aucun péage ne serait appliqué. Le quotidien américain relève par ailleurs que le secrétaire d’État Marco Rubio a mis en garde contre tout précédent qui reviendrait à remettre en cause le principe de liberté de navigation dans cette zone.

Sur le plan diplomatique, le Qatar, engagé dans un rôle de médiation, a indiqué mardi que des efforts se poursuivaient avec l’ensemble des parties concernées, sans qu’aucune rencontre directe entre Washington et Téhéran ne soit à ce stade programmée. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a précisé que les discussions portaient sur un règlement à court terme susceptible de permettre une reprise plus large des efforts de médiation, et a plaidé pour un retour à une situation normale dans le détroit. Il a indiqué qu’aucun calendrier précis n’était fixé pour la conclusion d’un accord américano-iranien, tout en exprimant l’espoir d’y parvenir rapidement, et a salué le rôle joué par le Pakistan et Oman dans les efforts de médiation.

Sur le terrain, la tension reste palpable. L’agence maritime britannique UKMTO a fait état, dans la nuit de lundi à mardi, d’un cargo touché par un projectile non identifié à environ 37 kilomètres au nord-est de la ville omanaise de Khasab, sans faire état de victimes ou de dégâts à ce stade. Par ailleurs, les rebelles houthistes du Yémen ont revendiqué mardi une frappe de drone contre l’aéroport saoudien de Najran, présentée comme une réponse à des violations de l’espace aérien yéménite par l’Arabie saoudite dans les provinces de Saada et Hajjah. Leur porte-parole a averti que toute atteinte à leur espace aérien continuerait de faire l’objet de représailles.

Sur le plan économique, les cours du pétrole, qui avaient nettement reculé lundi, sont repartis à la hausse mardi matin, portés par les déclarations optimistes de Donald Trump sur l’issue des négociations. Vers 11h25, heure de Paris, le baril de Brent progressait de 2,67 %, à 86,01 dollars, tandis que le baril de WTI américain gagnait 2,29 %, à 82,18 dollars. Scott Bessent a lui-même estimé qu’un accord permettrait un retour à la normale des prix de l’énergie, soulignant que plusieurs centaines de navires demeuraient à l’arrêt dans l’attente d’une reprise du trafic, malgré des sorties déjà observées ces derniers jours.

Du côté iranien, le président Massoud Pezeshkian a affirmé mardi, lors d’un discours prononcé à Téhéran à l’occasion du lancement d’un programme national de médecine familiale, que son pays ne souhaitait pas d’élargissement du conflit avec les États-Unis, tout en réaffirmant sa détermination à défendre son intégrité territoriale et ses intérêts nationaux avec l’ensemble de ses moyens. Ces propos font suite à une séquence marquée par des déclarations contrastées du président américain, qui avait évoqué vendredi de possibles frappes d’ampleur contre l’Iran avant d’indiquer dimanche avoir accepté de suspendre toute action militaire dans l’attente d’un accord rapide.

Lyes S.

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