Économie

Mines : La Namibie et le Soudan en appelle à l’expertise algérienne

Le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, a reçu à Alger les ambassadeurs de Namibie et du Soudan pour évoquer, avec chacun d’eux, le renforcement de la coopération minière bilatérale, confirmant la volonté de l’Algérie de se poser en partenaire de référence pour l’Afrique dans la valorisation de ses ressources minières.

Lundi, le ministre s’est d’abord entretenu avec l’ambassadeur namibien Samuel Kaveto Mbambo. Selon un communiqué du ministère, les deux parties ont passé en revue l’état des relations bilatérales et examiné les moyens de tirer parti de l’expérience algérienne « dans différentes filières des mines et de l’industrie minière ». M. Hanifi a estimé que « les relations historiques entre l’Algérie et la Namibie sont une base solide qui soutient la coopération algéro-namibienne, afin de la hisser à des niveaux supérieurs ». Il a présenté la nouvelle stratégie sectorielle, censée traduire la vision du président Abdelmadjid Tebboune, visant à ériger les mines « en un pilier essentiel sur lequel reposent les politiques de développement national, la création de richesses et la diversification économique », par la valorisation et la transformation locale des ressources. Le ministre a également mis en avant la nouvelle loi sur les activités minières, destinée à « drainer l’investissement direct étranger, notamment les multinationales spécialisées », et censée, selon lui, protéger les intérêts des générations futures. L’ambassadeur namibien a salué de son côté des relations qu’il juge « un exemple à suivre » sur le continent, avant que les deux parties ne conviennent d’une feuille de route pour bâtir leur partenariat.

Le lendemain, mardi, c’est l’ambassadeur du Soudan, Abdelhafiz El-Awad Sid Ahmed El-Fadhi, qui était reçu au siège du ministère. Les discussions ont porté sur la recherche et l’exploration minières, la cartographie géologique des gisements prometteurs, la valorisation locale des ressources « avec une attention maximale portée aux industries de transformation locale pour en accroître la valeur ajoutée, plutôt que de les exporter à l’état brut », ainsi que la formation d’ingénieurs et de cadres soudanais dans les écoles algériennes spécialisées. Les deux pays ont convenu de bâtir des passerelles entre leurs institutions et entreprises minières. M. Hanifi a de nouveau invoqué « la volonté forte du président Abdelmadjid Tebboune de hisser le secteur minier au rang de pilier stratégique central pour la diversification économique nationale et la création de richesse hors des hydrocarbures », affirmant la « disponibilité totale de l’Algérie à mettre son expérience pionnière et sa longue expertise minière au service des frères soudanais ». Il a également mis en avant les facilités offertes par la nouvelle loi minière en matière de protection des investisseurs, de numérisation et de simplification des procédures d’octroi des licences. L’ambassadeur soudanais a salué ces réformes, qu’il a qualifiées de « bond qualitatif remarquable », exprimant le souhait de son pays de bénéficier de l’expérience et du savoir-faire algériens à travers des échanges institutionnels directs.

Appuyée sur sa nouvelle législation minière, Alger cherche ainsi à transformer son savoir-faire en levier diplomatique et économique vers le continent, en misant sur la formation, le transfert de compétences et la transformation locale plutôt que sur la seule exportation de minerai brut.

Rappelons dans ce contexte que la Namibie et Soudan comptent parmi les pays africains aux sous-sols les plus riches, mais encore peu valorisés faute d’infrastructures, de cadres qualifiés et de cadres juridiques stabilisés pour attirer les grands groupes internationaux. En proposant d’y exporter son expertise réglementaire et technique, l’Algérie affiche l’ambition de s’imposer comme partenaire technique de référence dans la refonte des filières minières africaines.

Amar Malki

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