Culture

Film sur l’Émir Abdelkader au cinéma : Priorité à l’acuité historique

L’établissement public « Al Djazairi », chargé de la production du film, a reçu samedi à Alger le président de la Fondation Emir Abdelkader, Chamyl Boutaleb El-Hassani, pour faire le point sur l’avancement du projet.

Le tournage tant attendu du grand biopic consacré à l’Emir Abdelkader doit démarrer avant la fin de l’année 2027, selon l’annonce faite fin juillet par le président Abdelmadjid Tebboune. C’est dans ce contexte de mobilisation présidentielle renouvelée que l’établissement public « Al Djazairi », chargé de la production du film, a reçu samedi à Alger le président de la Fondation Emir Abdelkader, Chamyl Boutaleb El-Hassani, pour faire le point sur l’avancement du projet.

La rencontre entre Chamyl Boutaleb El-Hassani et le directeur général d’Al Djazairi, Salim Aggar, s’est déroulée alors que le chef de l’État vient tout juste de fixer une échéance ferme à un dossier qui traîne depuis trop longtemps. Les deux responsables ont profité de leur échange pour saluer, selon le communiqué de l’établissement, « le soutien constant » apporté par le chef de l’État à la réalisation de ce long métrage consacré à l’une des figures les plus emblématiques de l’histoire nationale. Ils se sont dits satisfaits des propos du président de la République qui, rapporte le texte, « a réaffirmé la place éminente qu’occupe l’Emir Abdelkader dans l’histoire nationale, ainsi que son souci de voir réaliser une œuvre cinématographique à la hauteur de la grandeur de cette figure historique et de son héritage civilisationnel et humain ». Une gratitude qu’ils ont tenu à exprimer directement au président de la République pour « son soutien constant à la concrétisation de ce projet historique ». Rappelons dans ce contexte que lors d’une intervention devant les médias nationaux le 27 juillet, Abdelmadjid Tebboune avait affirmé, avec insistance, que « l’objectif est de lancer le tournage à la fin de l’année 2027 », ajoutant « on le fera » qui tranche fermement avec les multiples reports accumulés depuis le lancement initial du projet en 2007.

Sur le plan du contenu, Salim Aggar a détaillé « le rôle central » que jouent les témoignages familiaux, les documents d’archives et les sources historiques dans la construction du scénario, une démarche censée garantir une œuvre « de haut niveau, fidèle à l’héritage de l’Emir Abdelkader et à sa stature nationale, humaine et universelle ». De son côté, Chamyl Boutaleb El-Hassani, chercheur reconnu pour ses travaux sur l’Emir et pour son engagement dans la préservation de sa mémoire, a insisté sur « l’importance de rester fidèle à la vérité historique » et sur la rigueur nécessaire au traitement des événements, tout en reconnaissant les défis que pose leur transposition dans un langage cinématographique exigeant. Il a proposé de mettre à disposition d’Al Djazairi documents, photographies et archives susceptibles d’enrichir la référence historique du film.

Cette réunion s’inscrit dans une séquence d’accélération engagée depuis octobre 2024, lorsque Tebboune avait ordonné en Conseil des ministres le lancement d’un nouvel appel d’offres international pour la production et la réalisation de l’œuvre, avec l’ambition de lui conférer une dimension universelle reflétant le parcours de l’Emir dans l’édification de l’Algérie contemporaine. Le 8 décembre 2025, le président de la République avait également réuni un cercle restreint de hauts responsables consacré exclusivement à ce dossier, signe de l’impatience du sommet de l’État face aux retards accumulés depuis la création, par décret présidentiel, de l’établissement public Al Djazairi en 2021.

Salim Aggar, journaliste et documentariste de longue date, a été officiellement installé à la tête de cette structure le 17 février dernier avant de devenir directeur général le 1er octobre 2025. Depuis, il multiplie les prises de contact avec des professionnels du cinéma mondial, dans l’espoir d’assurer au futur film une diffusion internationale. Une commission scientifique d’historiens continue par ailleurs de vérifier la conformité du scénario avec les faits historiques, un chantier documentaire dans lequel s’inscrit précisément la contribution annoncée par la Fondation Emir Abdelkader.

Mohand Seghir

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