Le président de la FIFA au cœur d’une polémique retentissante : Corruption, interférences politiques et scandales !
Le président de la FIFA Gianni Infantino traverse la période la plus périlleuse de son mandat, à quelques mois d’une réélection qui s’annonce houleuse, après la publication lundi d’une lettre ouverte conjointe signée par l’UEFA, la Concacaf et la Confédération asiatique de football. Le document, adressé à l’ensemble des 211 fédérations membres de l’instance mondiale, dénonce une rupture fondamentale de confiance au sommet du football planétaire, quelques jours à peine après un déplacement très commenté du dirigeant suisso italien à Rabat, où il est allé présenter ses hommages au roi Mohammed VI en pleine tourmente provoquée par son projet, désormais abandonné, de céder des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés.
Dans ce texte qui s’adresse à la « famille du football », les trois confédérations affirment qu’il y a « du silence là où devrait régner la responsabilité, et de la distance là où devrait exister la transparence ». Elles y voient non pas un simple problème de communication mais, selon leurs propres mots, « un échec de discernement » et « une atteinte grave à la confiance dans les institutions que la FIFA est censée servir ». Sans citer nommément Gianni Infantino, la charge est limpide et vise directement sa gestion personnelle de l’instance.
L’accord de Rabat, symbole de la collusion
C’est justement ce déplacement au Maroc qui cristallise aujourd’hui les critiques les plus vives. Fragilisé par le refus catégorique des 55 fédérations européennes de rallier son projet de privatisation partielle du football mondial, Infantino avait choisi de réunir dans l’urgence les responsables de la FIFA à Rabat pour tenter de colmater la brèche. Sur place, il en a profité pour se rendre auprès du souverain marocain à l’occasion du vingt septième anniversaire de son intronisation, une visite de courtoisie qui tombait, comme par un curieux hasard du calendrier, au moment même où l’Espagne, coorganisatrice du Mondial 2030, faisait face à une pression migratoire venue du royaume chérifien. Loin de se démarquer de la polémique qui menace la tenue du prochain grand rendez vous planétaire, le patron du football mondial a lancé un tonitruant « Vive le Maroc, merci pour votre accueil », scellant un peu plus son rapprochement avec le Makhzen.
Ce geste de loyauté n’a rien d’anodin. Fragilisé au sein de l’UEFA, où plusieurs voix réclament désormais son départ, Infantino mise ouvertement sur le soutien du Maroc et de la Confédération africaine de football présidée par Patrice Motsepe pour éviter une chute qui paraissait, il y a peu encore, impensable. En échange il aurait promis au Maroc la tenue de la finale du Mondial 2030. Plus qu’une promesse, le geste soutien une tentative de légitimation d’une Monarchie qui fait face à une vaste grogne sociale alimentée par l’entêtement du régime du Makhzen à ignorer les préoccupations sociales des Marocains au bénéfice des projets de prestige lié au Mondial. Nombre d’observateurs du dossier rappellent aussi au passage les liens étroits qui unissent le dirigeant suisso italien à Fouzi Lekjaa, figure controversée du football marocain et pièce maîtresse de ce dispositif d’influence, dont le rôle interroge autant que celui d’Infantino lui même sur l’état de gouvernance du football continental.
Trump vole au secours de son ami
Face à cette fronde inédite, Infantino a néanmoins pu compter sur un allié de poids. Donald Trump est monté au créneau lundi soir sur son réseau Truth Social pour apporter un soutien sans réserve à son homologue du football, estimant que la FIFA « commettrait une terrible erreur » si elle envisageait de le remplacer, quelques mois après lui avoir remis le Prix de la paix de la FIFA. Une proximité qui avait déjà suscité la controverse lors de l’annulation, jugée conforme au règlement mais peu défendable sur le plan moral, du carton rouge infligé à Folarin Balogun face à la Belgique pendant le dernier Mondial, une décision que d’aucuns attribuent à un appel direct de la Maison Blanche.
L’ombre de l’affaire Epstein
Le soutien présidentiel américain n’empêche cependant pas les révélations embarrassantes de s’accumuler. Le quotidien britannique The Telegraph a rapporté qu’Infantino avait confié l’appel d’offres de son projet de privatisation à la banquière de JPMorgan Mary Erdoes, dont les liens anciens avec le prédateur sexuel Jeffrey Epstein continuent de faire jaser jusque dans son entourage. Le média mexicain AS Mexico affirme quant à lui qu’Infantino aurait promis à la fédération mexicaine son intégration future à la Conmebol en échange de son appui, une promesse qui bouleverserait en profondeur la géographie du football continental américain si elle venait à se concrétiser.
De son côté, la FIFA a présenté ses excuses la semaine dernière pour les erreurs commises autour de ce projet avorté, assurant que ses dirigeants réunis en urgence au Maroc avaient réaffirmé leur plein soutien à la présidence d’Infantino, tout en promettant de ne plus tolérer d’atteinte à son intégrité et à sa gouvernance. Un discours qui peine visiblement à convaincre la famille du football, tant l’étau semble se resserrer chaque jour un peu plus autour du président de l’instance mondiale, empêtré entre soutiens politiques encombrants et allégeances régionales de plus en plus scrutées.
Moncef Dahleb

