Téhéran répond à Donald Trump : Ormuz « restera iranien »
L’Iran a réaffirmé samedi sa souveraineté pleine et entière sur le détroit d’Ormuz, après que le président américain Donald Trump a évoqué la perspective de faire de ce passage stratégique un territoire relevant des États-Unis une fois Téhéran « vaincu ». C’est lors d’un meeting tenu vendredi à Garden City, près de New York, que le chef de la Maison Blanche a lancé cette formule, assortie d’un léger sourire selon les témoins présents : une fois la victoire acquise face à l’Iran, il annoncerait, selon ses mots, le rattachement du détroit au territoire américain. Une déclaration qu’un responsable de la présidence américaine, cité par un journaliste du Wall Street Journal, a aussitôt relativisée, assurant qu’il s’agissait d’une plaisanterie et qu’aucune discussion sérieuse n’avait eu lieu à ce sujet avec les conseillers du président. La riposte iranienne n’a toutefois pas tardé. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé sur le réseau X que le détroit d’Ormuz a toujours été, demeure et restera iranien, précisant que son ouverture ou sa fermeture ne dépendra que de la décision de Téhéran. Le diplomate a également estimé qu’un tel passage stratégique ne saurait être conquis par un message publié en ligne, le déploiement d’un porte-avions, un décret présidentiel ou une simple déclaration de meeting électoral.
Ce nouvel échange verbal intervient alors que le détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour l’acheminement mondial des hydrocarbures, constitue depuis plusieurs mois l’épicentre du bras de fer entre Washington et Téhéran. Sur le plan intérieur américain, ce dossier pèse également sur la popularité du président. Le prix de l’essence a bondi de plus de 35 % aux États-Unis par rapport à la période précédant le conflit, une hausse qui alimente le mécontentement des ménages. Interrogé à ce sujet, Donald Trump a défendu sans détour son choix d’entrer en guerre, invoquant la volonté d’empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire, une ambition que les autorités iraniennes continuent pourtant de démentir, tout en revendiquant leur droit au nucléaire civil.
Le vice-président américain J.D. Vance a, pour sa part, adopté un ton sensiblement différent sur Fox News, mettant en avant deux priorités, la baisse du prix du pétrole par rapport aux sommets atteints en début de conflit, et la garantie que l’Iran ne se dote jamais de l’arme atomique, deux objectifs qu’il a jugés en voie de réalisation.
Un précédent protocole d’accord, conclu en juin entre les deux pays pour tenter de mettre fin durablement aux hostilités, avait volé en éclats début juillet, notamment en raison de désaccords persistants sur le statut d’Ormuz, provoquant une reprise des frappes réciproques. Si l’intensité des combats semble s’être atténuée ces derniers jours, les pourparlers restent bloqués, Washington privilégiant désormais une stratégie de pression économique, le secrétaire au Trésor américain ayant évoqué jeudi la perspective d’un isolement économique inédit pour l’Iran. Sur le terrain, des incidents continuent d’être signalés dans la région. Les Émirats arabes unis ont fait état vendredi d’attaques ayant visé deux navires liés à leur compagnie pétrolière publique alors qu’ils traversaient le détroit, tandis qu’en mer Rouge, les rebelles yéménites Houthis poursuivent leurs actions contre des intérêts saoudiens.
L.S.

