Monde

Ghaza : L’ONU met en garde contre l’effacement des preuves du génocide sioniste

Le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza continuait hier de s’alourdir lundi, alors que deux hautes responsables des Nations unies ont haussé le ton contre l’entité occupante. La rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a mis en garde contre la destruction de preuves de crimes d’atrocité lors des opérations de déblaiement menées dans les zones de Ghaza sous contrôle militaire de l’occupation, tandis que le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé les États à cesser leurs transferts d’armes vers l’entité sioniste. Le même jour, les autorités sanitaires palestiniennes ont fait état d’un bilan de 73 658 martyrs et 174 622 blessés depuis le début de l’agression, le 7 octobre 2023. Dans un communiqué publié lundi, Francesca Albanese a averti que « les opérations en cours visant à enlever, broyer et déplacer les décombres à Ghaza ne doivent pas détruire les preuves de crimes internationaux ni empêcher la récupération et l’identification des dépouilles humaines dans l’enclave assiégée ». Elle a rappelé que les décombres de Ghaza renferment des restes humains ainsi que des éléments matériels susceptibles d’éclairer les enquêtes en cours sur des crimes internationaux présumés, dont le génocide, alors que plus de 10 000 Palestiniens resteraient toujours ensevelis, selon les autorités palestiniennes.

Pour la rapporteuse spéciale, la récupération et l’identification des dépouilles, la documentation systématique et la préservation des éléments de preuve doivent précéder tout déplacement ou broyage des décombres, sous la supervision d’enquêteurs pénaux internationaux. « Toute opération de déblaiement doit être menée dans le cadre d’un plan conçu par les Palestiniens et soutenu par des acteurs bénéficiant de leur confiance », a-t-elle insisté, avertissant les États et les entreprises impliqués qu’ils s’exposent à une responsabilité pénale internationale. « Détruire les preuves de crimes d’atrocité est illégal », a-t-elle ajouté, jugeant que la reconstruction de Ghaza ne saurait être « conditionnée à l’effacement de son passé et des preuves nécessaires pour garantir que justice soit rendue à ses victimes ».

À Genève, à l’ouverture de la 63e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk a dénoncé la poursuite « sans entrave » de l’annexion de facto de la Cisjordanie occupée par l’entité sioniste, malgré l’avis rendu par la Cour internationale de Justice. « Que faudra-t-il de plus pour que les États prennent des mesures afin d’empêcher l’enracinement de l’occupation sur les terres réservées aux Palestiniens dans le cadre de la solution à deux États », s’est-il interrogé, avant d’appeler les gouvernements à « mettre fin aux transferts d’armes à Israël susceptibles d’être utilisées pour violer le droit international » et les entreprises à « cesser les pratiques commerciales qui soutiennent les colonies illégales ». Il a par ailleurs jugé que les condamnations internationales « sonnent creux face aux violations délibérées et aux souffrances » du peuple palestinien.

Le Haut-Commissaire a précisé que plus de 1 300 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes quotidiennes depuis le cessez-le-feu annoncé il y a près d’un an, tout en dénonçant la poursuite des restrictions imposées à l’acheminement de l’aide humanitaire vers l’enclave assiégée. Il s’est dit particulièrement préoccupé par les propositions israéliennes visant à expulser de force l’ensemble de la population palestinienne de Ghaza, appelant la communauté internationale à intensifier ses efforts pour faire respecter le droit international, protéger les civils et créer les conditions d’une paix durable.

Sur le terrain, les autorités sanitaires palestiniennes ont indiqué que les hôpitaux de la bande de Ghaza ont enregistré, au cours des dernières 24 heures, 7 nouveaux martyrs et 30 blessés. Le nombre total de martyrs recensés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier, s’élève désormais à 1 352, contre 4 511 blessés, alors que 826 dépouilles ont pu être exhumées des décombres. Les mêmes sources ont précisé que plusieurs victimes se trouvent toujours sous les décombres, les équipes de secours et de sauvetage palestiniennes se heurtant à l’impossibilité de les atteindre, faute de moyens adaptés.

Lyes S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *