Économie

Gaz naturel : L’Algérie, « partenaire stratégique fiable » de la Grèce

Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a affirmé lundi à Alger que l’Algérie était un « partenaire stratégique fiable » de la Grèce pour son approvisionnement en gaz naturel, à l’occasion d’un entretien avec le président du Parlement hellénique, Nikitas Kaklamanis, en visite de travail. Ce message intervient alors que l’Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements, entre le recul du gaz russe depuis la guerre en Ukraine et la crise ouverte au Moyen-Orient. Selon un communiqué du ministère, M. Arkab a affirmé que « l’Algérie constitue un partenaire stratégique fiable pour la Grèce dans l’approvisionnement en hydrocarbures, notamment en gaz naturel ». Il a rappelé à cette occasion le partenariat qui lie Sonatrach au groupe énergétique grec DEPA. Les échanges se sont déroulés en présence de l’ambassadeur de Grèce en Algérie, du vice-président du Conseil de la nation, Mohamed Larbi Slimani, et de cadres des deux pays. Ils ont porté sur le renforcement de la coopération commerciale dans le pétrole brut, les produits pétroliers et le gaz naturel liquéfié (GNL). Ce lien n’a rien de nouveau. Sonatrach approvisionne la Grèce depuis l’an 2000 et figure parmi ses principaux fournisseurs de GNL. En février 2022, les deux partenaires avaient prolongé leur contrat de long terme, avec une adaptation de ses termes aux évolutions du marché. Le terminal de Revithoussa, près d’Athènes, reçoit régulièrement des méthaniers algériens, dont l’un a déchargé à la fin de l’année dernière.

Depuis le 28 février, date des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, le détroit d’Ormuz est quasiment paralysé. Le GNL qatari, qui transite par cette voie, a presque disparu du paysage européen. D’après Eurostat, sa part dans les importations de GNL du continent est tombée à 0,3 % au deuxième trimestre, contre 10,1 % fin 2025. Une partie de la demande s’est reportée sur l’Algérie, dont la proximité géographique et les gazoducs vers l’Espagne et l’Italie constituent des atouts difficiles à égaler.

La percée ne se limite plus à l’Europe du Sud. En juillet, le méthanier Tessala a accosté à Wilhelmshaven, en Allemagne, où le distributeur VNG range Sonatrach parmi ses fournisseurs incontournables. Les 8 et 9 septembre, à la faveur de la visite du chef de la diplomatie slovaque, Sonatrach a engagé des discussions directes avec le groupe SPP de Bratislava, qui chercherait une alternative à la fin programmée du gaz russe. Cette logique de diversification ouvre aussi des perspectives en Europe de l’Est et dans les Balkans, où les pays cherchent à s’affranchir de leur ancienne dépendance.

Devant son hôte, M. Arkab a insisté sur le développement des partenariats et des investissements dans l’exploitation et la production d’hydrocarbures, en particulier de gaz, ainsi que sur l’intensification de la recherche et de l’exploration. Il a également plaidé pour une coopération accrue dans la réduction des émissions de méthane et de l’empreinte carbone. Les entreprises grecques ont été invitées à s’installer et à investir en Algérie, en profitant des nouveaux cadres juridiques de l’investissement et du secteur, notamment dans la fabrication locale d’équipements pétroliers et gaziers. De son côté, M. Kaklamanis s’est félicité du niveau des relations entre les deux pays et a souhaité leur approfondissement, en faisant des hydrocarbures un levier pour élargir la coopération.

Amar Malki

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