15e Sommet économique Pays nordiques-Afrique : Oslo déroule le tapis vert à l’Algérie
L’Algérie a ouvert, mercredi, un nouveau front économique dans le Grand Nord. À la veille du 15e Sommet économique Pays nordiques-Afrique, dont elle est l’invitée d’honneur spéciale, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ali Khaldi, a co-présidé avec la ministre norvégienne de la Pêche et de la Politique océanique, Marianne Sivertsen Naess, le lancement de l’événement « Algeria Day ». Au programme, une exposition de produits algériens et la signature d’un mémorandum d’entente entre la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) et la Chambre de commerce d’Oslo.
Mandaté par le président Abdelmadjid Tebboune, M. Khaldi a lu dans ce choix un signal fort. Pour lui, la désignation de l’Algérie comme invitée d’honneur « revêt une profonde portée » et traduit la confiance et le respect dont elle jouit auprès du Royaume de Norvège. Il a salué la dynamique des relations politiques et diplomatiques, entretenue par les visites de haut niveau et une concertation régulière, tout en plaidant pour sortir du tête-à-tête énergétique et élargir la coopération à d’autres secteurs, à commencer par l’agriculture et la pêche.
C’est sur ce terrain que le ministre a joué sa carte maîtresse. L’agriculture, a-t-il rappelé, est « un pilier essentiel » de la sécurité alimentaire et un levier de diversification de l’économie nationale. Aux investisseurs norvégiens, il a vanté les réformes engagées pour assainir le climat des affaires grâce à un cadre juridique stable, la mise en place du guichet unique et des garanties renforcées pour les partenaires étrangers. Son vœu est que cette journée marque le début d’un parcours de coopération ambitieux et durable.
Khaldi courtise les investisseurs norvégiens
En marge de la cérémonie, M. Khaldi s’est entretenu avec son homologue norvégienne sur la pêche et l’aquaculture. Les deux ministres ont évoqué la gestion durable des ressources halieutiques, la modernisation des infrastructures et des équipements, ainsi que la transformation des produits de la mer. Alger entend tirer parti d’une expertise norvégienne mondialement reconnue dans ce domaine. Les deux parties se sont dites prêtes à explorer des projets de partenariat et d’investissement, à renforcer la coopération scientifique et technique et la formation, et à encourager les rapprochements entre entreprises et organismes de recherche. Le grand rendez-vous s’ouvre jeudi. Organisé chaque année depuis 2011 par l’Association Norvège-Afrique des entreprises (NABA) avec le ministère norvégien des Affaires étrangères, le sommet attend quelque 200 sociétés et porteurs de projets, une cinquantaine d’intervenants et plus de 15 ambassadeurs. Les organisateurs ont promis à l’Algérie « une place de choix », en la présentant comme « l’une des plus grandes économies d’Afrique », d’une importance stratégique croissante pour les entreprises nordiques. Séminaires d’affaires, exposition commerciale et rencontres B2B figurent au programme. La délégation algérienne réunit des représentants de la CACI, de l’AAPI et de la SAFEX, ainsi que des opérateurs publics et privés. L’Algérie n’arrive pas les mains vides. Avec les cinq pays nordiques, elle peut s’appuyer sur plusieurs réalisations concrètes. Le danois Novo Nordisk exploite une usine à Tizi-Ouzou et un site à Boufarik, en partenariat avec Saidal, pour l’insuline humaine, et vient de signer un nouvel accord avec le groupe public sur des molécules innovantes contre le diabète et l’obésité. La Suède est présente dans les télécoms, l’automobile, les équipements industriels et la santé. Avec la Norvège, la relation reste dominée par les hydrocarbures, à travers Equinor et Sonatrach. Quant à la Finlande, elle a implanté à Sidi Bel Abbès une usine de moissonneuses-batteuses et se dit intéressée par les énergies renouvelables et la formation professionnelle.
Salim Amokrane

