Détroit d’Ormuz : Téhéran examine les demandes américaines mais exclut toute « flexibilité » sur ses droits
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei, a déclaré lundi que Téhéran examinait les demandes formulées par Washington avant de transmettre sa réponse aux médiateurs. Il a toutefois estimé que « les circonstances n’ont pas évolué de manière à justifier une flexibilité quant à nos droits ». Les deux pays restent en désaccord sur les conditions d’une réouverture du détroit d’Ormuz. Selon le porte-parole, l’Iran poursuit ses échanges avec les États-Unis par l’intermédiaire de médiateurs. Il a indiqué que la partie américaine avait déjà exposé ses demandes et qu’elle présentait le dossier nucléaire iranien comme sa principale préoccupation. Il a dénoncé une « contradiction majeure » dans cette position. D’après lui, des responsables américains ont affirmé à plusieurs reprises avoir détruit l’ensemble du programme nucléaire iranien, tout en continuant d’invoquer ce qu’il a qualifié de « prétendu danger illusoire » d’une arme nucléaire iranienne. « Nous examinons les points soulevés par la partie américaine et, dès que cet examen sera terminé, nous ferons part de notre position aux médiateurs », a-t-il conclu. Interrogé sur la disponibilité exprimée par le président russe, Vladimir Poutine, à fournir du pétrole et des produits pétroliers aux marchés mondiaux, notamment américain, Esmaïl Baghaei a répondu que chaque pays était libre de décider en fonction de ses intérêts, l’Iran faisant lui aussi ses choix selon ses priorités nationales. La fourniture de pétrole est, a-t-il dit, « une affaire entre la Russie et les États-Unis », tout en jugeant la question « significative » en soi.
Ces déclarations interviennent au lendemain d’une prise de position de Téhéran sur le fond du dossier. Dimanche, l’Iran a indiqué que la réponse américaine aux sept conditions qu’il avait proposées pour rouvrir le détroit ne répondait pas à ses exigences. Il a ajouté que cette voie navigable ne pourrait pas être rouverte tant que ses demandes ne seraient pas satisfaites. Cette réponse avait été transmise à l’Iran par l’intermédiaire du Qatar, qui joue le rôle de médiateur. Citant les médias d’État iraniens, il est rapporté que le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaei, a déclaré que Washington devait clarifier les points que Téhéran considère comme non résolus avant toute reprise des négociations. Selon lui, les États-Unis ont accepté certaines des conditions de la proposition en sept points, mais des désaccords persistent. L’Iran a également fait savoir qu’il n’autoriserait pas le passage des navires américains dans le détroit.
Pour rappel, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait indiqué le 24 septembre que Téhéran avait transmis à Washington, par des intermédiaires, une proposition de réouverture du détroit sous sept jours. Le président américain, Donald Trump, l’avait rejetée, réaffirmant que l’Iran ne pouvait pas posséder l’arme nucléaire. Le détroit d’Ormuz voit transiter environ un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Parallèlement, les États-Unis maintiennent un blocus maritime visant les ports iraniens. Imposé pour la première fois le 13 avril à tous les navires en provenance ou à destination des ports iraniens du golfe Persique et du golfe d’Oman, il a été rétabli en juillet, selon les informations disponibles. Le commandement central américain (CENTCOM) a indiqué qu’au 10 octobre, ses forces avaient mis hors service quatre navires commerciaux et contraint 135 autres à changer de cap durant la phase actuelle. Il a aussi déclaré avoir détruit dix pétroliers liés à une flotte iranienne qualifiée de « secrète ».
R.I.

