Hydrocarbures : Un partenariat algéro-norvégien dans la décarbonation
Reçu à Alger par Mohamed Arkab, le patron de Scatec a parlé réduction des émissions, efficacité énergétique et dessalement vert.
Sonatrach pourrait bientôt compter un partenaire norvégien de plus dans sa course à la décarbonation. Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu lundi le PDG de Scatec, Terje Pilskog, pour examiner les opportunités de coopération, de partenariat et d’investissement avec le groupe national, notamment sur la réduction de l’empreinte carbone du secteur, indique un communiqué du ministère. La rencontre, tenue au siège du ministère en présence de l’ambassadrice de Norvège et de cadres des deux parties, a porté sur « les moyens de réduire les émissions de méthane et de gaz à effet de serre, d’améliorer l’efficacité énergétique et de rationaliser la consommation » dans les installations pétrolières et gazières. Les discussions ont aussi touché aux solutions technologiques contre les émissions industrielles et à des projets de dessalement d’eau de mer alimentés par les énergies renouvelables. Mohamed Arkab a plaidé pour des partenariats entre entreprises, l’échange d’expertises et le recours aux technologies modernes, tout en veillant à « un équilibre entre les exigences environnementales et économiques ». Il a rappelé que Sonatrach intensifie ses programmes contre le méthane, réduit et valorise le gaz torché et développe des projets de captage et de stockage du carbone. Terje Pilskog a présenté l’expérience de Scatec et affiché son intérêt pour des échanges d’expertise et des investissements communs.
Scatec est une société basée à Oslo, spécialisée dans les énergies renouvelables et dirigée par Terje Pilskog depuis 2022. Elle est déjà présente en Égypte, où elle avait obtenu en 2024 un acheteur pour son projet d’hydrogène vert. Ce rapprochement n’arrive pas de nulle part. Le 9 juin, Mohamed Arkab recevait la vice-présidente exécutive d’Equinor pour l’Afrique, Nina Birgitte Koch, et les deux pays évoquaient les projets de réduction du méthane et du CO2 ainsi que le captage du carbone. Mi-juillet, le patron de la société norvégienne ICA-Finance était reçu à son tour, et le ministre avait rappelé l’objectif de ramener le torchage sous 1 % d’ici 2030. Dès 2021, Sonatrach et Equinor avaient signé un mémorandum qui ouvrait déjà sur la transition carbone.
Il faut dire que ces discussions interviennent alors que Sonatrach a lancé une stratégie climatique avec des objectif de réduction des émissions clairs. Une démarche d’autant plus importante que la décarbonation s’impose dans les règlements émis dans certains marchés, même si ceux-ci peinent à s’imposer. C’est le cas en Europe. Le 14 octobre, la Commission a proposé, rappelons-le, de reporter d’un an l’entrée en vigueur du règlement sur le méthane pour les importations d’énergies fossiles, sous la pression des tensions d’approvisionnement. Les règles de mesure, de déclaration et de vérification devaient s’appliquer dès le 1er janvier 2027. Une dizaine d’États membres et les États-Unis réclamaient un sursis, et le commissaire à l’Énergie, Dan Jorgensen, a fait savoir que ce serait un an et pas davantage. Rien n’est encore acté, puisque Parlement et États membres doivent valider. Un sursis qui donne du temps mais ne change pas la direction, car les acheteurs finiront par exiger des émissions mesurées et vérifiées. Dans ce contexte, Sonatrach entend anticiper et s’équiper dès maintenant, avec des partenaires qui maîtrisent la technologie.
Samira Ghrib

