Foire « Ramadan au Palais » : De l’abondance et des tarifs qui défient toute concurrence !
Dès les premières heures d’ouverture, le Palais des expositions d’Alger retrouve sa fièvre commerciale. Depuis plusieurs années, la manifestation « Ramadan au Palais » s’est imposée comme un passage obligé pour des milliers de familles algéroises en quête de produits du quotidien à des prix jugés plus accessibles que ceux des marchés traditionnels. En ce début du mois sacré, les allées du pavillon Casbah ne désemplissent pas. L’événement, ouvert chaque jour de 10h à 17h jusqu’au 14 mars prochain, se distingue par l’étendue de son offre. Fruits et légumes, viandes fraîches importées, produits surgelés, épices, huiles, café, électroménager, prêt-à-porter, ustensiles ménagers et produits d’entretien : la foire entend couvrir l’ensemble des besoins du mois de Ramadan, tout en se donnant pour ambition de soutenir la production nationale et de dynamiser l’activité économique locale. C’est au stand des viandes que l’affluence est peut-être la plus significative. Les boucheries présentes, pour la plupart spécialisées dans l’importation de viandes fraîches, proposent de l’agneau en provenance d’Espagne à 2.180 dinars le kilogramme, et du bœuf brésilien à 1.150 dinars. Des tarifs qui tranchent avec ceux constatés en dehors du salon et qui ont visiblement convaincu les pères de familles venus s’approvisionner pour les premiers jours du mois sacré. C’est à l’exemple de Samir qui souligne dans une déclaration à l’APS l’importance qu’il accorde à se fournir auprès de points de vente agréés, gage selon lui d’une certaine garantie sur la qualité et la traçabilité des produits.
Dans l’espace fruits et légumes, les écarts de prix avec les marchés et grandes surfaces de la capitale sont frappants. La tomate s’y négocie à 75 dinars le kilo, la pomme de terre à 50 dinars, l’oignon à 70 dinars et la banane à 360 dinars, alors que ce dernier fruit dépasse allégrement les 500 dinars dans les marchés de la ville. Leïla ne cache pas sa satisfaction. « Les prix sont abordables », confie-t-elle à l’APS, saluant en outre la possibilité de choisir elle-même ses produits et soulignant « la grande diversité de l’offre proposée sur place ».
Les produits surgelés connaissent eux aussi une forte demande, portée par les traditions culinaires du mois de Ramadan. La crevette est affichée à 900 dinars le kilo, contre 1.100 dinars l’an dernier. « En ces premiers jours du Ramadan, les clients demandent surtout les petits pois, pois chiches, poissons et crevettes pour les boureks », explique une vendeuse, interpellée entre deux clients.
Du côté des épices, valeur sûre de la cuisine ramadanesque, le ras el hanout et le poivron rouge sont proposés à 1.400 dinars le kilo, soit 300 dinars de moins qu’en dehors du salon. Le rayon des huiles et matières grasses concentre pour sa part une demande soutenue autour de la margarine de feuilletage et du smen, vendu 900 dinars le pot de 1,8 kg. Les amateurs de café ne sont pas en reste : robusta pur ou mélangé à l’arabica, en grains ou moulu, l’offre est variée. Un torréfacteur privé attire même la curiosité en évoquant un projet expérimental de culture locale de café vert à Larbaa, dans la wilaya de Blida.
Le salon déborde largement du strict cadre alimentaire. Les stands d’électroménager drainent leur lot de visiteurs en quête de bonnes affaires. Djamila a ainsi profité du déplacement pour acquérir un téléviseur et un hachoir, séduite par les promotions affichées à l’occasion du Ramadan. Films alimentaires, papier de cuisson, barquettes en aluminium et produits d’entretien ménager complètent une offre que les visiteurs s’accordent à qualifier de compétitive.
En réunissant sous un même toit l’ensemble des besoins du mois sacré, « Ramadan au Palais » s’est taillé une place à part dans le calendrier commercial algérois. Pour les ménages qui s’y pressent chaque matin, la foire est devenue bien plus qu’un simple marché : une escale incontournable dans la gestion du budget familial au cours du mois le plus chargé de l’année.
Lyna Larbi

