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Guerre au Moyen Orient : Trump prolonge son ultimatum, le conflit s’emballe !

Alors que Donald Trump a annoncé jeudi un report de dix jours de son ultimatum visant les infrastructures énergétiques iraniennes — désormais fixé au 6 avril —, les frappes américano-israéliennes se poursuivent sur le territoire iranien, faisant des dizaines de morts civils et soulevant une indignation internationale croissante. Le conflit ouvert le 28 février par l’agression amériocano-israélienne contre l’Iran a déjà coûté la vie à plus de 1 340 personnes.

La diplomatie et les bombes avancent en parallèle, sans que l’une ralentisse l’autre. C’est le paradoxe glaçant qui définit vendredi la situation au Moyen-Orient. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a annoncé suspendre « pour dix jours » les frappes contre les installations énergétiques iraniennes, jusqu’au « lundi 6 avril 2026 », affirmant agir « à la demande du gouvernement iranien » et assurant que les négociations « se déroulent très bien », dénonçant au passage des « déclarations erronées » relayées, selon lui, par certains médias. Mais cette main tendue — aussi spectaculaire dans sa formulation — a été immédiatement contredite par les faits sur le terrain et démentie dans son origine même. Des médiateurs ont en effet affirmé que l’Iran n’avait formulé aucune demande de suspension des frappes énergétiques, contredisant directement la version trumpienne. Téhéran, pour sa part, n’a pas encore apporté de réponse définitive à la proposition américaine en quinze points — un plan conditionnant un allègement des sanctions à des concessions iraniennes portant sur le programme nucléaire, les activités balistiques et l’influence régionale de la République islamique. Des responsables iraniens ont demandé aux États-Unis de réduire les exigences excessives, rejeté l’idée de faire des discussions sur les missiles un préalable aux négociations, et indiqué ne pas vouloir s’engager à mettre fin de manière permanente à l’enrichissement de l’uranium. Selon les médiateurs, « les perspectives d’un cessez-le-feu demeurent faibles, les deux parties maintenant des positions jugées inacceptables par l’autre camp ».

La confusion du verbe trumpien n’aide pas à décrypter les intentions réelles de Washington. Lors d’une réunion de cabinet à la Maison Blanche, plus tôt dans la journée, Trump avait tenu sur les Iraniens des propos pour le moins contradictoires : « Ce ne sont pas des idiots. Ils sont très intelligents, d’une certaine manière. Et ce sont de grands négociateurs », avait-il déclaré, les qualifiant dans le même souffle de « mauvais combattants ». « Ce sont de grands négociateurs et ils supplient pour trouver un accord. Je ne sais pas si nous y parviendrons. Je ne sais pas si nous voulons le faire », avait-il poursuivi — formulation qui dit moins la stratégie d’un État que l’improvisation d’un homme.

Pendant que Trump parle, les avions frappent. Des bombardements américano-israéliens ont touché les complexes sidérurgiques de Khuzestan et de Mobarakeh, parmi les plus stratégiques du pays, selon l’agence iranienne Fars qui a précisé que « les secours sont immédiatement arrivés sur place ». À Ispahan, vingt-six personnes ont été tuées dans une attaque visant une zone résidentielle, parmi lesquelles sept femmes et sept enfants, selon le gouvernorat de la ville cité par la même agence. Ces chiffres s’ajoutent à un bilan humain qui s’alourdit depuis le 28 février — date du déclenchement de l’offensive conjointe baptisée « Fureur épique » — et qui dépasse désormais 1 340 morts du côté iranien.

Le cas de l’école de Minab reste le symbole le plus douloureux de cette guerre. Frappé le 28 février, l’établissement a fait selon Téhéran plus de 175 morts. Le New York Times, citant des responsables américains et des sources proches de l’enquête, a indiqué que le missile provenait bien de l’armée américaine. Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies réuni vendredi en session d’urgence à Genève, le Haut-Commissaire Volker Türk a fustigé « l’horreur profonde » de cette frappe, déclarant qu’« il revient aux auteurs de l’attaque d’enquêter rapidement, impartialement, de manière transparente et approfondie ». « Les images de salles de classe bombardées et de parents en deuil ont clairement montré qui paie le prix le plus élevé de la guerre : les civils, qui n’ont aucun pouvoir sur les décisions qui ont mené au conflit », a-t-il ajouté, avant d’exiger que « justice soit rendue pour le terrible préjudice causé ». Le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a quant à lui qualifié le bombardement d’acte « délibéré et intentionnel », écartant toute thèse d’une erreur de ciblage.

Du côté américain, le bilan militaire n’est pas nul. Le porte-parole du commandement central américain Tim Hawkins a confirmé à l’AFP que « depuis le début de l’opération Fureur épique, environ 303 militaires américains ont été blessés », dont dix restent gravement atteints, auxquels s’ajoutent treize soldats tués. L’Iran a riposté par des frappes de drones et de missiles visant l’entité sioniste, la Jordanie, l’Irak et des pays du Golfe abritant des installations militaires américaines, perturbant au passage les marchés mondiaux et le trafic aérien régional. Les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir refoulé trois navires tentant de franchir le détroit d’Ormuz, précisant que « le passage de tout navire à destination ou en provenance des ports alliés des ennemis américano-sionistes vers n’importe quelle destination et par n’importe quel couloir est interdit » — une déclaration qui menace directement l’approvisionnement énergétique mondial.

Un projet de déploiement de 10.000 soldats américain

Washington prépare l’escalade autant qu’il parle de paix. Le Pentagone envisage de déployer jusqu’à dix mille soldats supplémentaires au Moyen-Orient, incluant des unités d’infanterie et des véhicules blindés, selon le Wall Street Journal. Ces renforts potentiels s’ajouteraient aux cinq mille Marines et aux milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée déjà présents dans la région. La porte-parole adjointe de la Maison Blanche, Anna Kelly, a simplement déclaré que « le président Trump dispose toujours de toutes les options militaires » — formule qui clôt le débat sur les intentions sans rien révéler des décisions.

C’est dans ce contexte que les ministres des affaires étrangères du G7, réunis à Cernay-la-Ville près de Paris, ont appelé vendredi dans un communiqué commun « à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles » au Moyen-Orient, soulignant que « rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée lors de conflits armés ni de mener des attaques contre des installations diplomatiques », et réaffirmant « la nécessité absolue de rétablir de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre dans le détroit d’Ormuz ».

Lyes Saïdi

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