Il représente un investissement de 287 millions de dollars : Le projet hôpital algéro-qatari en bonne voie
À un an de sa livraison prévue, le chantier du futur hôpital algéro-qatari de la nouvelle ville de Sidi Abdallah affiche une cadence qui satisfait ses promoteurs. Le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, s’est rendu jeudi sur le site pour constater de visu l’état d’avancement du projet, l’un des plus ambitieux jamais engagés dans le secteur de la santé en Algérie. Debout face aux grues et aux échafaudages qui quadrillent les dix hectares du chantier, Omar Rekkache n’a pas caché sa satisfaction. Les travaux avancent, selon lui, à «la bonne cadence», expression qu’il a employée pour qualifier un rythme d’exécution qu’il juge compatible avec les délais contractuels. «Ce projet est le fruit de la coopération algéro-qatarie», a-t-il déclaré à la presse, rappelant qu’il s’inscrit dans la droite ligne de «la volonté du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, d’édifier un hôpital aux standards mondiaux dans des spécialités de pointe». La livraison est attendue en 2027. Le coût de l’opération est estimé à quelque 287 millions de dollars, un investissement conjoint financé dans le cadre du partenariat bilatéral entre Alger et Doha. Au-delà du symbole diplomatique, l’enjeu est sanitaire et économique. Rekkache a insisté sur les «retombées socio-économiques positives» du projet : près de 954 emplois directs seront créés à l’ouverture, tandis que l’établissement devrait contribuer à «la réduction du recours aux soins à l’étranger», un phénomène coûteux pour les finances publiques et douloureux pour les familles algériennes contraintes de s’expatrier pour des soins spécialisés.
Car c’est bien là le cœur du projet : doter le pays d’une offre médicale de très haute technicité jusqu’ici quasi inexistante sur le territoire national. L’hôpital intégrera des blocs opératoires équipés des technologies modernes, des unités de soins intensifs, des centres d’imagerie médicale et de radiologie de dernière génération, ainsi que des laboratoires spécialisés répondant aux normes internationales. Parmi les disciplines phares figurent la neuroradiologie interventionnelle, la neurochirurgie recourant à la technique Gamma Knife pour le traitement des accidents vasculaires cérébraux, la transplantation hépatique, la chirurgie cardiaque pédiatrique et adulte, la rééducation fonctionnelle et la chirurgie oncologique osseuse — autant de spécialités pour lesquelles des centaines de patients algériens sont aujourd’hui orientés vers la France, la Tunisie ou la Turquie. Implanté dans la nouvelle ville de Sidi Abdallah, à l’ouest d’Alger, le futur établissement s’étend sur une superficie de près de dix hectares. Ce choix de localisation n’est pas anodin : pôle urbain en plein essor, Sidi Abdallah concentre déjà plusieurs projets structurants, et l’hôpital est appelé à devenir l’un de ses équipements fédérateurs. Pour les responsables du projet, il a vocation à «soutenir le système hospitalier national» à l’échelle du pays, et non à servir uniquement le bassin de population local. Ce chantier est présenté comme un signal fort de la volonté des pouvoirs publics d’investir dans une médecine de pointe.
Malik Meziane

