Le ministre de l’Énergie reçoit le SG de l’APPO : L’Algérie s’affirme comme pivot énergétique de l’Afrique
C’est un signal politique autant qu’économique. Dimanche, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, recevait dans son bureau Farid Ghezali, secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), pour un tête-à-tête centré sur les perspectives de coopération bilatérale. La rencontre, tenue en présence des cadres du ministère, n’est pas fortuite : elle s’inscrit dans un agenda continental que l’Algérie entend désormais co-écrire. Farid Ghezali était arrivé à Alger dans le cadre du 8e Symposium de l’Association algérienne de l’industrie du gaz (AIG), prévu lundi et mardi au Centre de conventions Mohamed-Benahmed d’Oran. Il y intervient en qualité de communicant stratégique principal, avec une contribution intitulée « Le gaz naturel au service de l’Afrique : souveraineté énergétique, industrialisation et coopération africaine… L’APPO comme catalyseur ». Un titre qui résume à lui seul la doctrine que défend l’organisation : faire du gaz naturel un levier d’intégration continentale, et non une simple rente d’exportation vers les marchés du Nord. Lors de l’audience au ministère, M. Ghezali a exposé les grandes lignes de la feuille de route que l’APPO entend mettre en œuvre pour « renforcer la coopération interafricaine et garantir l’autosuffisance du marché régional ». Il a souligné que la concrétisation de cette stratégie « requiert la participation de tous les acteurs énergétiques en Algérie, notamment le secteur de l’énergie et des énergies renouvelables ». Un appel direct adressé à Alger, reconnu comme le principal producteur de gaz du continent.
Du côté algérien, la réponse ne s’est pas fait attendre. Mourad Adjal a affiché une ambition claire : étendre la coopération avec l’APPO « aux activités liées à l’énergie et aux énergies renouvelables afin d’ouvrir de plus larges perspectives » et permettre à l’Algérie de « conforter sa place en tant que partenaire énergétique important et fiable ». Le ministre a mis en avant les capacités de l’appareil industriel algérien, estimant que ses entreprises énergétiques lui confèrent la légitimité pour « conquérir une part importante du marché africain » en tant qu’acteur « capable de couvrir les besoins de ce marché sur toute la chaîne de valeur ». Dans cette architecture d’expansion, un nom revient : Sonelgaz-International. Le ministre lui reconnaît un « rôle important » dans le renforcement de la coopération continentale, soulignant qu’elle dispose du cadre permettant aux entreprises algériennes, publiques comme privées, d’« accéder aux marchés extérieurs, notamment africains, à travers des partenariats effectifs et sérieux ». Le bras armé de l’internationalisation électrique algérienne est ainsi explicitement placé au cœur du dispositif africain.
Cette séquence diplomatique prend place dans un contexte plus large : la participation de l’APPO au symposium d’Oran vise à approfondir « les débats stratégiques sur le rôle du gaz naturel dans le soutien au développement » en Afrique, tout en promouvant « la coopération entre les pays africains producteurs d’hydrocarbures, en vue de réaliser la souveraineté énergétique et d’impulser l’industrialisation et l’intégration continentale ». Une vision que partage Alger, qui cherche à transformer ses ressources fossiles en levier de leadership régional.
Pour clore l’audience, Mourad Adjal a tenu à délivrer un message d’ouverture institutionnelle : « Les portes du ministère demeurent ouvertes à tous les projets et initiatives susceptibles de conforter la place de l’Algérie au niveau continental, tout en étant alignés sur la politique extérieure de la République algérienne. » Une formule qui dit autant ce qu’elle accueille que ce qu’elle conditionne.
Amar Malki

