Économie

Des ouvriers formés en urgence à la mécanisation : La moisson avant la moisson

Le manque de main-d’œuvre qualifiée dans la conduite et la maintenance des moissonneuses-batteuses menace chaque année le bon déroulement de la campagne céréalière. Le gouvernement a décidé d’agir. Les ministères de l’Agriculture et de la Formation professionnelle ont tenu, mercredi à Alger, une réunion de coordination pour répondre à un problème récurrent : l’Algérie ne dispose pas d’assez de techniciens qualifiés pour conduire et entretenir son parc de machines agricoles, notamment les moissonneuses-batteuses, au moment crucial de la récolte. À l’issue de la réunion, coprésidée par Yacine El-Mahdi Oualid et Nacima Arhab, les deux ministres ont arrêté un plan d’action conjoint. Il prévoit des programmes de formation destinés aux formateurs et aux conducteurs de matériel agricole, avec une première session qui démarre dès ce samedi dans la wilaya de Sidi Bel Abbès, au niveau de la société Sampo-Algérie. L’urgence est dictée par le calendrier agricole. La campagne moisson-battage 2025-2026 débute à la mi-avril dans les wilayas du Sud. Les deux ministres ont donné des instructions pour que les programmes soient élaborés et déployés immédiatement. La rencontre s’inscrit dans le cadre du plan de modernisation agricole lancé par le président Tebboune en janvier 2026. Ce plan prévoit notamment la création de coopératives de location de matériel agricole et l’installation d’un Conseil national de la mécanisation agricole, dont l’objectif est d’augmenter la productivité du secteur et d’étendre les surfaces cultivées.

Mais la disponibilité des machines ne suffit pas si les opérateurs manquent. C’est précisément ce déséquilibre que la réunion de mercredi a cherché à corriger. Des techniciens expérimentés seront mobilisés pour encadrer les sessions de formation. Les programmes intégreront également des modules sur l’innovation et l’entrepreneuriat, afin de permettre aux jeunes formés de créer leurs propres entreprises de services agricoles.

Ont pris part à la réunion des représentants de l’ensemble de la filière : la Chambre nationale d’agriculture, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), l’École nationale supérieure agronomique (ENSA), ainsi que les sociétés Agrodrive, filiale du groupe Agrodiv, et la PMAT, spécialisée dans la commercialisation du matériel agricole.

Chokri Hafed

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