Visite du premier ministre mauritanien en Algérie : Plusieurs accords pour consolider le partenariat
Le Premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Diay, a posé pied sur le tarmac de l’aéroport international Houari-Boumediene à la tête d’une délégation ministérielle de haut niveau, accueilli par son homologue algérien Sifi Ghrieb entouré de membres du gouvernement et de l’ambassadeur d’Algérie en Mauritanie, Amine Sid. L’occasion est solennelle : la tenue de la 20e session de la Grande commission mixte algéro-mauritanienne de coopération, cadre institutionnel privilégié d’un partenariat bilatéral qui s’approfondit de session en session depuis des décennies. Selon le communiqué des services du Premier ministre, cette visite «intervient dans le cadre de la dynamique positive que connaissent les relations bilatérales entre l’Algérie et la Mauritanie et participe de la volonté des dirigeants des deux pays de hisser la coopération bilatérale vers des perspectives plus larges, au service des intérêts communs et du renforcement des liens fraternels entre les deux peuples frères». Le calendrier de cette 20e session est particulièrement chargé. Réunies depuis samedi à Alger, les délégations algérienne et mauritanienne travaillent au niveau technique pour défricher le terrain avant une cérémonie de signature prévue ce mardi 7 avril. Sifi Ghrieb et Mokhtar Ould Diay superviseront la conclusion d’une série d’accords bilatéraux couvrant des domaines aussi variés que le commerce, l’investissement, les infrastructures et le développement des zones frontalières. Le communiqué précise que les travaux seront consacrés à l’examen des «moyens de développer le partenariat bilatéral, d’encourager l’investissement et de faciliter les échanges commerciaux, tout en accordant une attention particulière au développement des zones frontalières et au renforcement de l’intégration économique entre les deux pays».
Ce volet frontalier n’est pas anodin. La route Tindouf-Zouerate, projet structurant qui figure depuis plusieurs sessions parmi les priorités communes, symbolise à elle seule l’ambition des deux pays de transformer leur voisinage géographique en levier de développement concret. Dans une région sahélienne traversée par des tensions sécuritaires et des recompositions géopolitiques profondes, la coopération algéro-mauritanienne revêt également une dimension stratégique que les deux gouvernements ne perdent pas de vue.
La journée du Premier ministre mauritanien ne s’est pas limitée aux cercles feutrés de la diplomatie officielle. Dans l’après-midi, Mokhtar Ould Diay s’est rendu à Djamaâ El-Djazaïr, la grande mosquée d’Alger, où il a été reçu par son recteur, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini. Après avoir écouté une présentation des structures scientifiques et religieuses de ce monument, le chef du gouvernement mauritanien a rendu hommage aux «liens fraternels et spirituels profonds» qui unissent les deux nations. Un geste à forte charge symbolique, qui rappelle que les relations algéro-mauritaniennes puisent leurs racines dans un terreau culturel et religieux commun bien antérieur aux institutions modernes.
Cette 20e session s’inscrit dans un mouvement de fond. Portées par les visites au sommet entre le président Tebboune et son homologue mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, les relations bilatérales ont connu un regain de dynamisme appréciable ces dernières années. Les deux pays partagent une longue frontière, des défis sécuritaires communs dans la bande sahélo-saharienne, et une vision convergente sur plusieurs dossiers régionaux. Autant d’atouts que la Grande commission mixte est appelée à transformer, session après session, en partenariat tangible et durable.
Samir Benisid

