Infantino à Alger : « L’Algérie constitue un exemple à l’échelle mondiale »
Gianni Infantino n’est pas homme à dissimuler son enthousiasme. Jeudi à Alger, au sortir de l’audience que lui a accordée le président de la République Abdelmadjid Tebboune, le patron de la FIFA a lâché, sourire aux lèvres, une phrase qui en dit long sur l’état des relations entre l’instance mondiale du football et l’Algérie : « One, two, three, viva l’Algérie. Je pense que c’est le slogan du moment. »
La référence résume à elle seule le climat d’une visite de travail dense, ponctuée d’une audience présidentielle, d’une inauguration à Tlemcen et d’annonces aux implications durables pour le développement du football algérien. La délégation conduite par Infantino avait atterri le matin même à l’aéroport international Houari-Boumedièene, accueillie par le ministre des Sports et président de la Fédération algérienne de football, Walid Sadi. Le programme était chargé : inauguration du centre technique régional de Lalla Setti à Tlemcen, lancement du programme « Football for Schools » et pose d’un mini-terrain FIFA Arena au collège Ahmed Inal de Mansourah. Autant d’actes concrets qui donnent corps au partenariat engagé entre la FIFA et la FAF dans le cadre du programme Forward.
Mais c’est l’audience accordée par le président Tebboune qui a conféré à la visite sa dimension politique et symbolique. Infantino a saisi l’occasion pour féliciter chaleureusement le chef de l’État pour la qualification de l’équipe nationale à la Coupe du monde 2026. « Un grand exploit », a-t-il insisté, avant d’ajouter, avec une conviction qui ne semblait pas feinte : « On sent que cette équipe a quelque chose de spécial. Elle peut créer de grosses surprises et faire de très grands matchs. » Le président de la FIFA a également révélé avoir invité personnellement Tebboune à assister à la phase finale du Mondial, dont les États-Unis, le Canada et le Mexique seront les hôtes cet été.
Au-delà des égards diplomatiques, les deux hommes ont échangé sur des dossiers structurels. Infantino a indiqué avoir évoqué « le développement du football dans ce pays magnifique » dont les habitants « sont tous des passionnés de football », saluant au passage les stades « exceptionnels » dont dispose l’Algérie et le travail accompli par la FAF. Surtout, il a annoncé que « des initiatives conjointes entre la FIFA et l’Algérie » seraient dévoilées prochainement, portant sur l’investissement dans les académies et le football scolaire, qu’il juge « fondamental » pour la formation des jeunes.
Le soir venu, à Tlemcen, l’inauguration du centre technique régional de Lalla Setti a matérialisé ces engagements. Érigé sur 38 125 mètres carrés en partenariat avec la FIFA, le complexe aligne 145 chambres, trois types de terrains — gazon synthétique, hybride et naturel —, une salle de futsal, une piscine, une salle de musculation et un bloc médical complet. Une infrastructure de premier rang, que Infantino n’a pas hésité à qualifier de « véritable joyau », ajoutant que « l’Algérie constitue un exemple à l’échelle mondiale » des efforts consentis par les autorités en faveur de la jeunesse.
Le ministre Sadi a, de son côté, replacé l’inauguration dans une perspective plus large, affirmant que ce centre « incarne une vision concrète de l’orientation vers le développement du football et traduit une volonté claire de bâtir un environnement footballistique moderne ». Il a rappelé que la FAF gère aujourd’hui « plus de 70 000 matchs par an à travers une infrastructure couvrant l’ensemble du territoire national », faisant du football non plus seulement « une activité sportive, mais aussi un espace structuré et un levier social ». Il a également souligné la montée en gamme technologique du pays, devenu « une référence à l’échelle continentale en matière d’utilisation de la VAR ». En inaugurant parallèlement un terrain FIFA Arena au collège de Mansourah, Infantino et Sadi ont voulu ancrer dans le concret le lancement du programme « Football for Schools », dont l’ambition est de rapprocher le ballon rond de l’environnement scolaire dès le plus jeune âge. « La durabilité de ce système commence à la base », a résumé le ministre, dans une formule qui condense l’ensemble de la stratégie algérienne : construire large, former tôt, viser loin.
Moncef Dahleb

