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Plus de 80 % des actifs souscrits en deux mois et demi : Les sukuks souverains séduisent les épargnants 

Plus de 80 % des sukuks souverains émis par le Trésor public fin janvier ont été souscrits en deux mois et demi, pour un montant proche de 300 milliards de dinars. Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a annoncé ce résultat dimanche devant le Conseil de la nation, lors de la séance consacrée au vote de la loi de règlement budgétaire pour l’exercice 2023.

Le 27 janvier dernier, le Trésor public lançait une opération historique : la première émission de sukuks souverains en Algérie. Le produit retenu est de type Ijara-usufruit, un mécanisme par lequel l’État cède temporairement l’usufruit de certains actifs publics aux souscripteurs, qui perçoivent en retour un rendement régulier. Le montant ciblé s’élève à 296,65 milliards de dinars, proposé en deux valeurs faciales — 100 000 dinars et un million de dinars — sur une durée de sept ans, avec un taux de rendement annuel de 6 %. Conçus pour offrir une alternative aux produits d’épargne conventionnels, ces titres s’adressent notamment aux ménages qui, pour des raisons religieuses, refusent le système bancaire traditionnel fondé sur l’intérêt. Leur lancement s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de l’inclusion financière, régulièrement évoquée par les autorités comme l’un des angles morts du système financier national. Devant les sénateurs, Abdelkrim Bouzred s’est montré satisfait des résultats obtenus. L’opération a enregistré, selon lui, «en deux mois et demi de souscription, plus de 80 % du montant global ciblé, soit près de 300 milliards de dinars». Le ministre a salué «l’accueil du marché» à cette première émission, estimant que les résultats permettront «d’avancer dans la voie de la promotion et du développement de l’inclusion financière».

La période de souscription, initialement fixée à deux mois, a été prolongée jusqu’au 30 avril courant — ou jusqu’à ce que le seuil soit atteint. Les ressources mobilisées sont destinées au financement de grands projets publics, notamment dans les infrastructures, les équipements et les services collectifs.

Un budget 2023 avec une forte hausse des recettes

La séance de dimanche avait pour cadre formel le débat et le vote du projet de loi de règlement budgétaire pour l’exercice 2023 — le premier présenté dans le cadre de la loi organique 18-15 relative aux lois de finances. Les recettes ont atteint 9 017 milliards de dinars, en progression de plus de 24 % par rapport à 2022. La fiscalité ordinaire a contribué à hauteur de 3 540 milliards de dinars, la fiscalité pétrolière pour 3 856 milliards, les revenus du patrimoine de l’État pour 87 milliards, et les bénéfices des participations publiques pour 1 342 milliards. Les dépenses se sont établies à 10 592 milliards de dinars — dont 5 339 milliards consacrés aux transferts, 3 213 milliards à la masse salariale, 1 188 milliards à l’investissement et 354 milliards au fonctionnement des services. Le taux de consommation du budget n’a atteint que 72 % des dépenses prévues dans la loi de finances rectificative. La croissance économique a, elle, atteint 4,1 % en 2023.

Des appels à plus de rigueur

La loi a été adoptée à l’unanimité. Le président de la Commission des affaires économiques et financières, Noureddine Tadj, a qualifié ce vote d’«étape législative d’une profonde symbolique confirmant l’ancrage de la culture de transparence et de redevabilité dans la gestion des finances publiques». Le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, a insisté sur la portée politique de l’exercice, soulignant qu’il ne s’agissait pas d’«une procédure pour clôturer l’exercice financier», mais d’«un mécanisme de contrôle essentiel permettant au pouvoir législatif d’évaluer le respect des dispositions de la loi de finances». Cette loi est, selon lui, «un miroir reflétant la performance financière de l’État, en vue de renforcer la logique de la bonne gouvernance». Au-delà des sukuks et du bilan budgétaire, le ministre a esquissé plusieurs chantiers en cours. Son ministère s’apprête à déployer un «nouveau mécanisme» pour le suivi des opérations d’investissement et l’assainissement des portefeuilles publics, afin de «renforcer l’efficacité dans la prise de décisions financières». Il a également évoqué les progrès réalisés dans la numérisation des services, la mobilisation de la fiscalité ordinaire et l’assainissement du système fiscal. Sur la politique de soutien de l’État, le ministre s’est montré plus prudent, annonçant que son département présentera «ultérieurement» des données sur les transferts directs et indirects, tout en appelant à sensibiliser les citoyens à la nécessité de réduire le gaspillage «sous toutes ses formes».

Amar Malki

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