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Coupe de la CAF : L’USMA, héroïque, file en finale !

Dans une atmosphère de guerre dans le stade de Safi au Maroc, perturbée par des incidents scandaleux et un retard de plus d’une heure, les Rouge et Noir ont su garder la tête froide pour décrocher leur billet pour la finale de la Coupe de la CAF, grâce à la règle du but à l’extérieur.

Il fallait un mental d’acier. Dimanche soir à Safi, l’USM Alger a vécu une nuit de football que ses joueurs n’oublieront pas de sitôt. Harcelés avant même le coup d’envoi, contraints de regagner les vestiaires sous les provocations des supporters adverses, les Algérois ont pourtant su transformer l’adversité en combustible. Au bout d’une soirée éprouvante, le score de parité (1-1) suffit aux Rouge et Noir pour se hisser en finale de la Coupe de la Confédération africaine : à l’aller à Alger, les deux équipes s’étaient quittées sur un nul vierge (0-0), et la règle du but à l’extérieur a joué en faveur des visiteurs algérois. L’USMA, déjà sacrée en 2023, est de retour sur la plus grande scène continentale.

Le Maroc, une nouvelle fois, au cœur du scandale

Avant même qu’un ballon ne soit botté, la soirée avait basculé dans le chaos. Prévu à 20h00 (heure algérienne), le coup d’envoi n’a finalement été donné qu’à 21h20, soit avec près d’une heure et demie de retard. La cause : l’envahissement pur et simple de la pelouse par un flot de supporters locaux surexcités. Les joueurs de l’USMA, pris en étau dans un climat d’intimidation, ont été la cible de provocations inacceptables et de harcèlement, les forçant à se réfugier dans les vestiaires jusqu’au retour d’un calme tout relatif. Des scènes indignes qui soulèvent de profondes interrogations sur la capacité du Maroc à accueillir des rencontres continentales de cette sensibilité. Car contrairement aux débordements habituels qui surviennent en réaction à une défaite ou à une décision arbitrale contestée, ceux de Safi ont précédé le coup d’envoi. Les supporters marocains étaient venus pour en découdre, indépendamment de tout résultat sportif. Des supporters chauffés à blanc sans non rappeler l’accueil exécrable réservé à chaque équipe algérienne foulant le sol marocain et qui reflète une certaine haine anti-algérienne entretenue et alimentée par un régime marocain fragilisée et ses relais politiques et médiatiques. Un comportement qui rappelle aussi malheureusement les incidents qui ont émaillé la dernière CAN au Royaume et qui soulève des questions sur l’attitude des Marocains lesquels affichent de l’arrogance se croyant tout permis sur la scène footballistique africaine. Ces incidents posent aussi des questions sur les conditions de sécurité dans lesquels le match s’est joué et sur l’homologation du stade de Safi au regard des lacunes flagrantes constatées.

Face à ces provocations, les joueurs de l’USMA ont, eux, fait preuve de calme et de sagesse afin d’éviter toute altercation, une attitude qui contraste singulièrement avec la frénésie hostile qui les entourait.

Benbot royal

Dès que les conditions minimales ont été réunies la rencontre a pu débuter. Solides et appliqués, les « Rouge et Noir » ont su faire preuve de réalisme et de discipline tactique pour venir à bout de leurs adversaires, dans une rencontre qui a débuté avec plus d’une heure de retard, en raison de l’envahissement de terrain par les supporters marocains et des agressions contre la délégation algérienne, sans oublier la diffusion de messages politiques sur les panneaux publicitaires. Entre décisions arbitrales contestées, longues interruptions de jeu et pression constante, les joueurs de l’USMA ont fait preuve d’un sang-froid remarquable tout au long de la partie. Portée par une défense bien organisée autour de son excellent gardien, Oussama Benbot, en grande forme, l’USMA a su gérer les temps forts comme les moments de pression, affichant une maturité remarquable à ce stade de la compétition et transformant chaque situation clé en avantage stratégique.

Avec 19 minutes de temps additionnel accordées par l’arbitre rwandais, la fin de la rencontre a été particulièrement tendue. Mais c’était sans compter sur la détermination du groupe usmiste, capable de gérer l’imprévu et de contenir les assauts adverses dans une atmosphère très pesante. C’est le jeune Ivoirien Kamagaté, ex-buteur du FC San Pedro, qui a incarné le mieux les intentions offensives des visiteurs. Très en vue, il s’est retrouvé seul face au gardien adverse à la 18e puis à la 42e minute, sans toutefois parvenir à concrétiser.

La justice a finalement été rendue à la 45e+1, lorsque la VAR a signalé un penalty en faveur de l’USMA après une main dans la surface de réparation. L’attaquant Ahmed Khaldi s’est chargé de l’exécuter avec sang-froid (0-1). Un but à l’extérieur précieux, décisif, libérateur. En seconde période, les Algérois ont continué à jouer avec ambition, pendant que Benbot veillait au grain dans ses cages. La réduction du score est venue à la 75e minute : le Sénégalais Moussa Koné a égalisé d’une tête sur corner côté droit (1-1). Malgré plusieurs tentatives de part et d’autre, le score n’a plus bougé jusqu’au coup de sifflet final.

« La qualification est méritée, surtout compte tenu de l’ambiance que nous avons vécue au Maroc. Nous nous sommes comportés en hommes sur le terrain et nous avons atteint l’objectif fixé », a confié Saadi Radouani, capitaine de l’USM Alger, au retour de la délégation à Alger. Et d’ajouter : « Nous sommes restés concentrés sur le match malgré les interruptions. Même lorsque nous avons rejoint les vestiaires, nous ne savions pas ce qui allait se passer ensuite. Nous savions que nous allions vivre ce genre de scénario à Safi, d’autant plus que l’arbitre interrompait souvent le jeu. Le plus important reste la qualification pour la finale. Nous avons désormais suffisamment de temps pour bien la préparer. » De son côté, Zakaria Draoui, milieu de terrain de l’USMA, est revenu sur cette demi-finale disputée dans une atmosphère électrique: « Nous sommes habitués à jouer ce genre de rencontres sous pression, mais c’était vraiment désolant de vivre un tel scénario. Nous nous sommes déplacés au Maroc pour jouer au football, pas pour nous bagarrer. Le match aller à Alger s’est déroulé dans de très bonnes conditions. Cela n’honore pas le football. Le plus important pour nous reste cette qualification. » Cette qualification, obtenue dans la douleur, reflète le caractère et la résilience d’une équipe algérienne qui refuse de céder et répond toujours présente dans les moments difficiles.

Vainqueur du titre en 2023, l’USMA retrouve donc la finale continentale et se retrouve aux côtés du Zamalek d’Égypte, qui a éliminé l’autre représentant algérien, le CR Belouizdad (0-1, 0-0), vendredi au Caire. La finale de la Coupe de la Confédération africaine 2026 se jouera en deux manches, les 9 et 16 mai prochain. Les Rouge et Noir commenceront par recevoir à Alger avant de se rendre en terre égyptienne pour le verdict final. Un derby nord-africain au parfum de revanche, en deux actes, entre deux clubs historiques du continent.

Moncef Dahleb

admin

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