Ouverture du festival international de cinéma d’Imedghassen : Une cinquantaine de films en compétition
Le palais de la Culture Mohamed Laïd Al-Khalifa a accueilli mardi soir la cérémonie d’ouverture de la sixième édition du Festival international du cinéma Imedghassen, à Batna. Autorités civiles et militaires, délégués de la présidence de la République et du ministère de la Culture et des Arts, acteurs, réalisateurs, scénaristes et critiques venus de 27 pays : la salle était pleine, le tapis rouge animé, et l’édition s’annonce comme la plus ambitieuse depuis la création du festival.
Six mois seulement séparent cette édition de la cinquième, dite « exceptionnelle », au cours de laquelle le festival a obtenu sa reconnaissance officielle par le ministère de la Culture et des Arts. Ce calendrier serré dit quelque chose sur le rythme que ses organisateurs lui imposent désormais — et sur la place qu’il s’est taillée dans le paysage cinématographique algérien et régional. La représentante de la ministre de la Culture, Wassila Bouhalassa, a ouvert les discours en saluant la trajectoire du festival et en souhaitant la bienvenue à l’Italie, invitée d’honneur de cette édition. Elle a rappelé au passage l’ancienneté des liens entre les deux pays dans le domaine du cinéma, notamment autour des films consacrés à la guerre de libération nationale — une histoire commune que les deux cinématographies n’ont pas fini d’explorer.
La cérémonie a ensuite rendu hommage à quatre personnalités. Baya El-Hachemi, comédienne et journaliste, figure de la lutte nationale, a livré les mots les plus forts de la soirée. L’acteur syrien Fayez Kazak, lui, a enfilé un burnous algérien et déclaré sa fierté d’être honoré dans les Aurès. La comédienne italienne Stefania Casini s’est dite touchée par l’invitation, y voyant le signe d’une amitié durable entre les deux cultures. Nabil Asli, acteur algérien de la nouvelle génération, a relevé une coïncidence significative : c’est sur cette même scène, à la maison de la Culture de Batna, qu’il avait rencontré son public pour la première fois, il y a des années, dans un spectacle théâtral.
Le programme de cette sixième édition dépasse en volume ce qui avait été proposé jusqu’ici. Plus de cinquante films sont en compétition dans les catégories court métrage de fiction, documentaire court et animation. La vraie nouveauté de l’année, c’est l’entrée du long métrage de fiction dans la compétition officielle. Plusieurs des œuvres sélectionnées ont déjà été présentées à Cannes et seront projetées pour la première fois en Algérie et sur le continent africain. Les réalisateurs des films en compétition seront présents, ce qui était loin d’être systématique dans les éditions précédentes.
Parallèlement aux projections quotidiennes, qui s’étaleront jusqu’au 10 mai, le festival propose des ateliers et des masterclasses. Soixante jeunes participants suivront des formations en réalisation, en jeu d’acteur et en production — avec, cette année, une initiation aux techniques d’intelligence artificielle appliquées au cinéma. C’est une ouverture nette sur les outils du moment, sans que le festival y perde sa vocation de terrain de rencontre entre les générations et les cultures.
Mohand Seghir

