Flottille interceptée, bilan alourdi, systèmes de santé en ruine : Ghaza sous l’étau de l’occupation sioniste
Au large de Chypre, lundi, les forces de l’entité sioniste ont arraisonné une nouvelle flottille internationale de solidarité composée d’une cinquantaine de navires, empêchant pour la troisième fois en moins d’un an une tentative de briser le blocus imposé à Ghaza depuis 2007, tandis que le bilan humain du génocide perpétré depuis octobre 2023 atteignait, selon les sources médicales palestiniennes, le chiffre de 72.769 martyrs et 172.704 blessés. La flottille Global Sumud l’a annoncé elle-même sur les réseaux sociaux, sans détour : « Des navires militaires interceptent actuellement notre flottille et les forces (sionistes) sont en train de monter à bord du premier de nos bateaux. » Le convoi, fort d’une cinquantaine d’embarcations, avait appareillé le 14 mai du sud-ouest de la Turquie. Il n’a pas atteint Ghaza.
Ce n’est pas la première fois. En avril dernier, une flottille précédente avait été interceptée dans les eaux internationales au large de la Grèce, le 30 avril. La plupart des militants à bord avaient été relâchés rapidement en Crète, mais deux d’entre eux avaient été retenus plusieurs jours avant d’être expulsés. Des ONG avaient dénoncé des arrestations illégales et affirmé que les deux hommes avaient subi des mauvais traitements durant leur incarcération. À l’automne 2025, une première tentative de la Flottille globale Sumud à travers la Méditerranée avait également été stoppée par les forces sionistes au large des côtes égyptiennes et ghazaouies, ses militants arrêtés puis expulsés.
Trois tentatives. Trois interceptions. Le blocus tient. L’entité sioniste contrôle l’ensemble des points d’entrée dans l’enclave palestinienne, et l’accès à l’aide humanitaire y reste massivement restreint malgré les alertes répétées des agences internationales sur l’aggravation de la catastrophe en cours.
Cette catastrophe, les chiffres la mesurent chaque jour. Selon des sources médicales palestiniennes citées par l’agence WAFA, les hôpitaux de la bande de Ghaza ont enregistré, au cours des dernières vingt-quatre heures, six martyrs supplémentaires et quarante blessés. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 877 martyrs ont été comptabilisés et 2.602 personnes blessées, tandis que 776 corps ont été retirés des décombres. Un nombre indéterminé de victimes reste enseveli sous les ruines ou abandonné sur les routes, les équipes de secours et de la défense civile étant dans l’incapacité d’y accéder en raison des destructions massives et des conditions sécuritaires.
Le système de santé, lui, ne tient plus qu’à un fil. Environ 76 % des appareils d’imagerie médicale ont été détruits dans la bande de Ghaza, selon des sources médicales citées par WAFA. Les 24 % restants fonctionnent dans des conditions qualifiées d’extrêmement difficiles, sous une pression constante, avec des problèmes chroniques de maintenance et de pièces de rechange. Le service d’IRM est totalement indisponible : les neuf appareils que comptait l’enclave avant l’agression ont tous été mis hors d’usage. Sur dix-huit scanners, cinq seulement sont encore opérationnels. Les blocs opératoires ne disposent plus que de cinq appareils de fluoroscopie sur les seize existants, ce qui complique directement les interventions chirurgicales. Quant aux appareils de radiographie, leur nombre est passé de quatre-vingt-huit à trente-trois. Ce n’est pas un délabrement progressif. C’est une destruction méthodique d’un système de soins.
Pendant ce temps, loin de Ghaza, la solidarité s’organise. Des milliers de personnes ont participé dimanche à Paterson, dans le New Jersey, à la cinquième édition de la « Journée de la Palestine », organisée sur « Palestine Way » par le Centre communautaire palestino-américain. L’événement a réuni membres des communautés palestinienne et arabe et sympathisants américains lors d’une manifestation de plusieurs heures mêlant spectacles artistiques, présentation du patrimoine palestinien et plats traditionnels. Des drapeaux palestiniens flottaient dans toute la zone. Organisé chaque année au même endroit, cet événement est devenu, selon l’agence WAFA, un espace de valorisation de l’identité palestinienne aux États-Unis et un symbole de la présence croissante de la diaspora dans cet État.
L.S.

