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Espagne : Des armes de guerre au service du trafic de drogue marocain !

La police espagnole a saisi près de 1 600 kilogrammes de cannabis dans la province de Cadix, acheminés depuis le Maroc par voie fluviale via le Guadalquivir avant d’être transbordés vers Jerez de la Frontera à bord de véhicules tout-terrain. Ce qui distingue cette opération des saisies habituelles, c’est l’arsenal découvert sur place : des grenades à main et des fusils d’assaut AK-47, mobilisés pour escorter la cargaison. Le trafic de stupéfiants en provenance des côtes nord-marocaines ne ressemble plus à ce qu’il était. Il a changé de nature.

Selon les informations de la presse locale, relayés par AL24 News, les investigations, ouvertes dans la nuit du 28 avril, ont mis au jour un dispositif de contre-surveillance organisé : des guetteurs positionnés en plusieurs points pour détecter toute intervention des forces de l’ordre, une coordination logistique qui n’a rien d’improvisé. À Melilla, dans le même intervalle, la police a interpellé un homme de 41 ans sur le point d’embarquer à bord d’un vol à destination des Canaries via Madrid. Sous ses vêtements, dissimulées à l’aide de bandes adhésives, 697 plaquettes de cannabis — soit plus de 7,5 kilos. L’interpellation est venue d’une contradiction dans ses déclarations, d’un comportement jugé suspect. Ce type de passeur individuel coexiste avec les réseaux lourds, il en est souvent le prolongement discret vers les marchés intérieurs européens. Ces deux affaires ne sont pas isolées. Des sources locales marocaines font état de préparatifs en cours dans les zones côtières de Nador, dans le nord-est du pays, notamment dans le corridor marin entre Arkmane et Ras El Ma. Des embarcations rapides y seraient équipées pour franchir la Méditerranée en contournant les zones de surveillance. Le schéma est connu, mais son ampleur ne cesse de progresser.

Ce que révèle l’accumulation de ces opérations, c’est moins la performance des services espagnols que l’étendue du problème à sa source. Les côtes septentrionales du Maroc sont décrites par des observateurs locaux comme un corridor largement ouvert, entretenu par une surveillance défaillante, un tissu économique parallèle et une corruption dont personne, dans les sphères officielles marocaines, ne semble vouloir mesurer publiquement la profondeur. Le Makhzen communique sur son « approche sécuritaire », multiplie les annonces, mais les têtes de réseaux — ceux qui financent, protègent et organisent — ne sont jamais inquiétés.

Le tableau qui se dessine à travers ces opérations répétées est celui d’un pays devenu, au-delà de son rôle de producteur historique de cannabis, un pivot logistique pour des filières criminelles transnationales. 

Lyes S.

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