Détroit d’Ormuz : Téhéran et Mascate s’accordent sur une réouverture
L’Iran et Oman ont conclu un accord portant sur les routes maritimes du détroit d’Ormuz, une étape susceptible de rouvrir intégralement ce couloir stratégique du Golfe, mais dont l’entrée en vigueur reste suspendue à la validation du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, ont rapporté samedi des médias iraniens, alors que le mémorandum d’entente américano-iranien signé à Islamabad arrive à échéance sans qu’aucun accord final n’ait été annoncé.
Selon des sources citées par la presse iranienne, Téhéran et Mascate se seraient entendus sur les modalités d’une réouverture complète du détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour le transport mondial d’hydrocarbures. Des points de discussion subsisteraient toutefois, et l’accord devrait, selon ces mêmes sources, être annoncé officiellement dans les prochains jours, une fois obtenu l’aval des autorités de sécurité iraniennes. Téhéran avait auparavant précisé qu’un accord sur une nouvelle route maritime ne suffirait pas, à lui seul, à rouvrir le détroit, et que Washington devrait au préalable satisfaire à un ensemble de conditions fixées par l’Iran.
Cette annonce intervient à un moment charnière du conflit déclenché le 28 février dernier par les attaques américano-israéliennes contre l’Iran. Le délai de 60 jours prévu par le mémorandum d’entente signé à Islamabad sous médiation pakistanaise et qatarie, document par lequel les deux parties s’étaient engagées à s’abstenir de toute opération militaire l’une contre l’autre et à négocier un accord final, expire officiellement ce lundi, sans que les deux camps n’aient fait état d’une prolongation, alors même que le texte prévoit cette possibilité sous réserve de l’accord des deux parties.
Des médiations sans accord final entre Washington et Téhéran
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a indiqué samedi que le Qatar et le Pakistan poursuivaient leur rôle de médiation en transmettant messages et communications entre Téhéran et Washington, précisant toutefois que cela « ne signifie pas qu’il existe des négociations » à proprement parler. « Nous n’avons pas encore pris de décision quant à la reprise des négociations avec les États-Unis », a-t-il ajouté. Interrogé sur une éventuelle prolongation du « cessez-le-feu », le ministre a tenu à rectifier les termes du débat, rappelant que l’accord du 17 juin portait sur la « fin de la guerre » et non sur un simple cessez-le-feu. Il a par ailleurs affirmé que les États-Unis avaient « violé » le mémorandum d’entente, ce qui aurait conduit à une reprise des affrontements, avant de préciser qu’« il n’y a pas aujourd’hui de cessez-le-feu à prolonger ; la guerre était terminée, et nous sommes désormais entrés dans une nouvelle phase. »
Téhéran maintient par ailleurs les conditions posées la semaine dernière par Mohammad Bagher Zolghadr, conseiller politique du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, pour la réouverture du détroit d’Ormuz à savoir la cessation de la guerre et des actes jugés hostiles envers l’Iran et ses alliés au Liban, en Palestine, au Yémen et en Irak, levée des sanctions, déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger, ainsi que le versement de réparations de guerre.
De son côté, Washington a durci le ton. Le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité de considérer prochainement le détroit d’Ormuz comme relevant d’un contrôle américain, tout en menaçant l’Iran de sanctions économiques d’une ampleur inédite. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a, dans le même sens, averti que les mesures envisagées contre l’Iran combineraient pression financière et restrictions portuaires. Téhéran a répliqué en affirmant que le détroit d’Ormuz demeurait sous son contrôle, rejetant les déclarations américaines selon lesquelles la voie maritime aurait déjà été rouverte.
Sur le plan intérieur, l’Iran a par ailleurs annoncé la reprise, le 15 août, des vols au départ de la ville portuaire méridionale de Bandar Abbas, après plusieurs interruptions liées au conflit, un signe, selon des observateurs, d’une normalisation progressive des activités dans la région du détroit, en dépit des tensions diplomatiques persistantes entre Téhéran et Washington.
Lyes Saïdi

