Le PLF adopté en Conseil des ministres : Une nouvelle hausse des salaires pour 2027
Réuni dimanche sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi de finances 2027, qui intègre les augmentations de salaires et écarte toute taxe pesant sur le pouvoir d’achat. Le chef de l’État a également ordonné le lancement immédiat du chantier ferroviaire vers Tamanrasset.
Le Conseil des ministres, réuni dimanche sous la direction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adopté le projet de loi de finances (PLF) 2027, qui prévoit l’intégration des augmentations des salaires et des traitements. Cette décision concrétise l’un des engagements que le chef de l’État avait réitérés la veille, samedi, lors d’une rencontre avec la presse.
Selon le communiqué de la présidence, la réunion a porté sur le PLF 2027, sur la convention de financement de la Banque africaine de développement (BAD) pour le tronçon ferroviaire El Ménéa-In Salah-Tamanrasset, sur le projet de gare de Moulay Lahcen à Tamanrasset, ainsi que sur la récolte céréalière de la saison 2026 et sur le bilan des commissions mixtes et accords bilatéraux conclus avec le Niger et le Tchad. Après la lecture de l’ordre du jour et la présentation par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, du bilan de l’action du gouvernement, le président de la République a donné ses ordres, instructions et orientations.
Sur le projet de budget pour 2027, la présidence indique que M. Tebboune « a ordonné d’inscrire les augmentations des salaires, conformément à ce à quoi il s’est engagé devant les Algériennes et les Algériens, dans le projet de loi de finances 2027 ». L’engagement présidentiel prend ainsi une forme budgétaire, étape indispensable avant l’examen du texte par le Parlement. Il s’inscrit dans la continuité des revalorisations successives décidées ces dernières années en faveur des salariés et des retraités, dans un contexte où la préservation du niveau de vie reste une préoccupation centrale des ménages et des pouvoirs publics au plus haut sommet de l’État.
Le chef de l’État a assorti cette instruction d’une seconde, tout aussi nette. Le communiqué rapporte qu’il a ordonné « de ne pas inclure d’impôt qui affecte le pouvoir d’achat des citoyens, que ce soit pour la classe moyenne ou pour les personnes à revenu limité ». Le message est double, la hausse des rémunérations ne doit pas être reprise d’une main par la fiscalité, et la protection des couches moyennes et modestes demeure la ligne directrice du budget de l’année prochaine. Cette double consigne présidentielle posée, le Conseil des ministres a procédé à la « mise aux voix » du texte, qui a été adopté.
Le rail vers Tamanrasset : Tebboune ordonne le lancement immédiat du chantier
L’autre grand dossier de la réunion est ferroviaire. Le président de la République a ordonné le lancement immédiat des projets sur les tronçons Laghouat-Ghardaïa-El Ménéa-In Salah-Tamanrasset, qu’il considère, selon le communiqué, comme « la priorité des priorités dans le secteur des travaux publics, avec une accélération globale des opérations de réalisation ». Il a insisté sur l’échéance, exigeant que le projet soit réceptionné dans son intégralité d’ici à la fin 2028, « afin que les Algériens puissent effectivement voyager en train du Nord jusqu’à notre grand Sud, jusqu’à Tamanrasset ».
Cette échéance avait déjà été fixée par le chef de l’État lors du Conseil des ministres du 6 septembre, qui avait qualifié la ligne de projet stratégique et prioritaire. Longue de plus de 2 000 kilomètres, elle doit relier la capitale à l’extrême Sud du pays. Elle s’ajoute à la voie minière reliant Gara Djebilet à Béchar, longue de 950 kilomètres, et au chantier de la voie minière de l’Est, entre le gisement de phosphate de Bled El Hadba et Annaba. L’Algérie fait du rail un instrument de désenclavement du Sud et de valorisation de ses ressources minières.
Sur le terrain, les préparatifs se sont accélérés. Rappelons dans ce contexte que le ministre des Travaux publics, Abdelkader Djellaoui, a réuni jeudi dernier les dirigeants de l’ANESRIF, de Cosider, de la SNTP, d’Infrarail et d’Infrafer, des bureaux d’études Seti Rail et Saeti, ainsi que des groupes chinois CRCC et CCECC. Objectif était de faire le point sur les moyens mobilisés et sur les facilités accordées pour hâter l’aménagement des chantiers. Les premiers travaux portent sur près de 924 kilomètres, répartis entre Laghouat-Ghardaïa-El Ménéa, une section au départ d’El Ménéa et le tronçon Tamanrasset-Moulay Lahcen.
Un conseil des ministres dédié au secteur agricole
Le Conseil des ministres a par ailleurs approuvé le financement par la BAD du projet ferroviaire sur sa section El Ménéa-Tamanrasset. À cette occasion, le président de la République a chargé le ministre des Travaux publics de transmettre ses remerciements et ses encouragements aux travailleurs, techniciens et ingénieurs du secteur, dont il juge l’action actuelle « héroïque à tous égards ». Selon le communiqué, ils sont « sur le point de réaliser le rêve des Algériens, resté hors d’atteinte pour les générations depuis l’indépendance ».
Avant de clore la séance, le Conseil a adopté un décret présidentiel relatif à la charte de l’Initiative du Moyen-Orient vert, adoptée à Riyad. Le président de la République a salué les excellentes relations entre l’Algérie, le Niger et le Tchad, et ordonné un suivi étroit des projets conjoints, notamment dans l’énergie, l’éducation, la santé et les communications. Il a enfin demandé au ministre de l’Agriculture et au secrétaire général du gouvernement de préparer un Conseil des ministres consacré au secteur agricole.
Hocine Fadheli

