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Émirats arabes unis, Sahel, Sahara occidental et relations avec les grandes puissances : Les vérités de Tebboune

Lors de son entrevue périodique avec la presse nationale, diffusée samedi soir, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a écarté tout retour en arrière dans la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, officialisée le 10 septembre. Il a aussi justifié l’envoi d’avions de combat au Niger, confirmé le passage de navires algériens par le détroit d’Ormuz et réaffirmé la position du pays sur le Sahara occidental.

Le chef de l’État n’a pas fait dans la nuance sur le dossier émirati. « Quand nous prenons une décision, il n’y a pas de retour en arrière », a-t-il martelé, avant de reprocher à Abou Dabi son ingratitude envers l’Algérie. Il a rappelé que la compagnie pétrolière des Émirats est une création algérienne, et accusé ce pays de vouloir « exercer son despotisme pour nous dominer ». À ceux qui feignent d’ignorer les raisons de la rupture, il a répondu, « C’est de l’Algérie qu’il s’agit ! Je n’ai le droit de la brader ni à vous, ni à personne d’autre ! » Selon lui, la situation « est arrivée au point de non-retour ». Il a ajouté que l’Algérie n’a de contentieux avec aucun autre peuple .« Pourquoi n’avons-nous de problèmes avec aucun autre peuple au monde ? Aucun problème ! », a-t-il lancé.

Niger : des Su-30 en réponse à une provocation

Interrogé sur l’envoi de quatre Sukhoi Su-30 et d’un ravitailleur à Niamey, annoncé le 30 août par le ministère de la Défense nationale après la tentative de putsch survenue dans la nuit du 28 au 29, le président a assuré que la doctrine de défense algérienne « n’a pas changé ». Il a rappelé que la Constitution permet la sortie de l’armée à l’étranger dans certaines conditions.

Il a replacé l’épisode dans son contexte. Le chef du gouvernement nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, venait de quitter Alger quand la tentative de coup d’État a éclaté. « Nous avons envoyé des avions parce que certains ne veulent pas connaître leurs limites », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Il s’agit de nous provoquer ? Alors, nous aussi nous envoyons nos avions, bienvenue, ce sera en tête-à-tête, quel que tu sois. » Pour lui, l’Algérie se tient aux côtés du Niger « dans la même tranchée, avec les actes, pas avec des paroles ».

Les intérêts communs étaient aussi en jeu. « Nous avons conclu des accords dans le pétrole, les mines et d’autres domaines. Puis quelqu’un vient tout casser en une seule nuit », a-t-il déploré. Sans les nommer, il a visé « des États qui n’ont pas de population importante et qui enrôlent partout des mercenaires », une insinuation au rôle d’influence invasif d’Abou Dhabi dans le Sahel, leur conseillant de « rester tranquille et de s’occuper du développement de leur pays ». Plus tôt, il avait rappelé que la stabilité du Sahel passe par le développement, car le chaos et le terrorisme prospèrent sur la pauvreté et l’absence d’institutions.

Ormuz, Sahara occidental et grandes puissances

Sur le détroit d’Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran fin février, Abdelmadjid Tebboune a confirmé que des navires algériens y transitent sans encombre. « L’Algérie n’a de problème avec personne », a-t-il dit, estimant que ce passage s’inscrit dans la vision des grandes puissances pour la stabilité du marché pétrolier. Il a également défendu l’escale technique du président iranien Masoud Pezeshkian à Alger le 22 septembre, rappelant que « tout président qui demande d’atterrir dans un de nos aéroports est le bienvenu. »

Au sujet du Sahara occidental, il a soutenu que « personne ne peut contraindre le peuple sahraoui à accepter une décision qui le ferait disparaître de la carte ». L’Algérie donne son avis lorsqu’elle est consultée par ses amis américains, mais la décision revient aux Sahraouis, qui négocient avec le Maroc. « Nous ne sommes pas plus Sahraouis que les Sahraouis. La décision qui sera acceptée par les Sahraouis, nous l’accepterons », a-t-il conclu. Il a enfin affirmé que l’Algérie entretient des relations d’amitié avec la Russie, les États-Unis et la Chine, sans y renoncer.

Salim Amokrane

Locales du 28 novembre

Tebboune appelle les jeunes à se présenter

Le président Abdelmadjid Tebboune a exhorté les jeunes à se porter candidats aux élections des APC et APW du 28 novembre, lors de son entrevue périodique avec la presse nationale diffusée samedi soir. Pour lui, « le développement de l’action locale passe par le renforcement du rôle de la commune et l’encouragement des citoyens, notamment les jeunes, à participer à la gestion ». Le chef de l’État a regretté la réticence de certains jeunes à franchir le pas, alors que l’État a pris des mesures en leur faveur, dont le financement de leurs campagnes pour les mettre à l’abri de l’argent corrompu. Il a aussi plaidé pour l’élection des candidats les plus qualifiés, la commune ayant vu ses prérogatives élargies. Le dialogue avec les partis représentés au Parlement « demeure ouvert », a-t-il assuré, voyant en eux « un partenaire essentiel dans la gestion des affaires publiques ».

Interrogé sur les réserves de certaines formations au sujet de la future prison de haute sécurité de Tanezrouft, destinée aux barons de la drogue, il a répondu : « Nous sommes obligés de protéger le citoyen contre ce fléau, d’autant que la drogue (…) est devenue un outil de guerre contre l’Algérie ». Les auteurs de cette « guerre hybride » sont, selon lui, « des saboteurs qui ciblent l’Algérie à travers sa jeunesse ». Sur la peine de mort, prévue pour les incendies volontaires et les enlèvements d’enfants, il a lancé que « quiconque dénonce cette décision doit affronter le peuple algérien ». Cette peine est « adoptée par plusieurs pays démocratiques » et ne va « nullement à l’encontre de nos traditions et de notre croyance », a-t-il précisé, rappelant que le droit de l’accusé à la défense et aux voies de recours reste garanti.

R.N.

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