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Détroit d’Ormuz : Téhéran met en garde les pays du Golfe

Le ton est monté d’un cran mercredi autour du détroit d’Ormuz. L’Iran a averti les monarchies du Golfe que tout soutien apporté à l’armée américaine serait considéré comme une participation directe aux opérations militaires de Washington contre Téhéran, alors que des navires occidentaux continuent, selon Reuters, de transiter par le détroit en longeant la côte omanaise. « Toute assistance ou facilitation apportée à l’armée agresseuse américaine équivaut à une participation aux opérations militaires américaines », a déclaré le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, dans un communiqué relayé par l’agence Mehr. Selon le Financial Times, cette mise en garde vise en particulier les six pays du Conseil de coopération du Golfe, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, le Koweït et Oman, plusieurs d’entre eux accueillant des bases et des installations logistiques américaines. Le général Abdollahi a par ailleurs affirmé que Téhéran suivait de près les mouvements militaires américains dans la région, jugeant peu crédible qu’un tel déploiement d’avions, notamment des ravitailleurs, puisse se faire sans l’aval des pays hôtes. De leur côté, plusieurs capitales du Golfe répètent régulièrement, selon Al Jazeera, ne pas autoriser l’usage de leur territoire pour des opérations dirigées contre l’Iran.

La sortie iranienne intervient dans un climat déjà tendu avec les Émirats arabes unis, qui ont annoncé mardi la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de leurs échanges commerciaux et financiers avec l’Iran, après avoir accusé Téhéran d’avoir visé le trafic maritime avec deux missiles balistiques, une accusation que l’Iran a catégoriquement rejetée. Dans la foulée, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est entretenu avec le conseiller à la sécurité nationale émirati, cheikh Tahnoon ben Zayed Al Nahyane, pour évoquer la coordination entre les deux pays.

Sur le fond, Téhéran conditionne la réouverture pleine du détroit à plusieurs exigences, la levée du blocus naval américain, le déblocage de ses avoirs gelés et la fin des sanctions sur son secteur pétrolier. Donald Trump affirme, à l’inverse, que le détroit est ouvert et fonctionnel et que le blocus américain reste pleinement en vigueur. Le président américain a également écrit mardi sur son réseau Truth Social qu’aucune discussion avec l’Iran n’était en cours ni programmée, quelques jours après que son émissaire Jared Kushner eut pourtant évoqué des échanges « très positifs » avec les Iraniens. Le même jour, Trump a publié une carte présentant le détroit comme un « nouveau territoire américain », une provocation qui ne facilite pas la reprise du dialogue entre les deux capitales.

Sur le terrain, une analyse du Washington Post fondée sur des images satellites avait recensé, fin mai, des dégâts sur plusieurs centaines de structures et équipements militaires américains dans la région depuis le déclenchement du conflit par une agression américano-sioniste contre l’Iran en février.

L.S.

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