Cisjordanie occupée : Guterres craint le spectre d’un nettoyage ethnique
Entre la poursuite de l’agression génocidaire contre la bande de Ghaza, l’inquiétude grandissante de l’ONU face au risque d’un nettoyage ethnique en Cisjordanie occupée et la dénonciation par Ramallah d’une politique visant à transformer les territoires palestiniens en vastes camps de détention, la situation dans les territoires palestiniens occupés se dégrade. En Cisjordanie occupée, le vice-président palestinien Hussein Al-Sheikh a averti que l’entité sioniste s’employait méthodiquement à enfermer les villes, les villages et les camps de réfugiés palestiniens derrière des portes métalliques et des points de contrôle, dans ce qu’il a qualifié de véritables « camps de détention de masse ». Dans un communiqué relayé par l’agence Wafa, le responsable palestinien a également pointé du doigt l’arrachage d’oliviers sur des centaines de dounams de terres, une pratique qui prive chaque année des familles entières de leur unique source de subsistance. Il a lancé un appel pressant à la communauté internationale afin qu’elle intervienne pour protéger le peuple palestinien contre ce qu’il a décrit comme du racisme et du nettoyage ethnique. S’adressant directement aux Nations unies, actuellement réunies à New York, Al-Sheikh a exhorté l’organisation à prendre des mesures concrètes et à contraindre l’occupation sioniste à mettre fin à toutes ses pratiques. Pour lui, les simples déclarations de principe ne suffisent plus face à l’ampleur des crimes commis. Il a plaidé pour un soutien ferme à la détermination du peuple palestinien à demeurer sur sa terre, ainsi que pour l’adoption de mesures dissuasives capables de faire cesser l’agression et le racisme de l’occupation.
Cet appel a trouvé un écho, quelques heures plus tard, dans la bouche du secrétaire général de l’ONU lui même. Devant l’Assemblée générale réunie à New York pour sa 81e session, Antonio Guterres a évoqué sans détour « le spectre d’un nettoyage ethnique » planant sur la Cisjordanie occupée. Il a mis en garde contre la violence sioniste, les déplacements forcés de population et l’expansion continue et illégale des colonies, autant de facteurs qui compromettent selon lui toute perspective de paix. « La violence, les déplacements de population et l’expansion des colonies sionistes en Cisjordanie occupée font obstacle à la paix et font planer le spectre d’un nettoyage ethnique », a t il déclaré devant les chefs d’Etat et de gouvernement présents. Le chef de l’ONU a appelé toutes les parties à respecter le droit international ainsi que les décisions de la Cour internationale de justice, martelant que la communauté internationale ne peut pas laisser la solution à deux Etats disparaître sous ses yeux.
Pendant ce temps, à Ghaza, le bilan de l’agression génocidaire continue de s’alourdir inexorablement. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, 73.919 Palestiniens sont désormais tombés en martyrs et 174.977 autres ont été blessés depuis le 7 octobre 2023, une écrasante majorité des victimes étant des femmes et des enfants. Au cours des dernières 24 heures seulement, cinq nouveaux corps ainsi que 25 blessés ont été transférés vers les hôpitaux de l’enclave. Même depuis l’entrée en vigueur du cessez le feu, le 10 octobre dernier, la mort continue de frapper Ghaza puisque 1.399 Palestiniens ont péri et 4.863 autres ont été blessés durant cette période, tandis que les corps de 834 martyrs ont pu être récupérés sous les décombres.
R.I.

