Conflit au Moyen-Orient : Trump maintient le suspense, Téhéran promet des représailles « offensives »
Le président américain Donald Trump a affirmé mardi devant l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, qu’il s’attendait à parvenir à un accord avec l’Iran dans les semaines suivant les élections de mi-mandat prévues en novembre aux États-Unis, tout en réaffirmant que Washington pourrait tout aussi bien opter pour la destruction pure et simple de la République islamique. À Téhéran, la réplique n’a pas tardé, les Gardiens de la Révolution promettant d’intensifier leurs représailles en cas de nouvelles frappes américaines. S’exprimant à la tribune onusienne, le chef de l’État américain a résumé sa position en des termes tranchés. Il a dit se trouver face à ce qu’il a présenté comme l’un des choix les plus lourds de son mandat. D’un côté, un accord qui ouvrirait la voie à une reconstruction de l’Iran et lui permettrait, selon ses mots, de devenir « un pays bien plus grand qu’il ne l’a jamais été », voire l’une des puissances majeures du Moyen-Orient et du monde. De l’autre, une action visant à « anéantir » la République islamique, menée rapidement et sans lui laisser la moindre chance de « tuer et détruire à nouveau des populations et des pays ». Trump s’est dit convaincu qu’un accord verrait le jour peu après le scrutin de novembre, estimant que Téhéran retient son souffle en attendant de connaître le résultat des républicains à cette échéance électorale. Il a toutefois tenu à préciser que ce calcul iranien reposait, selon lui, sur un malentendu. « Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que je ne suis pas candidat. Je l’ai déjà fait et j’ai remporté une victoire écrasante », a-t-il lancé, rappelant qu’il lui restait deux ans et demi à la tête du pays et qu’il continuerait d’apporter son soutien au Parti républicain lors de ces élections.
Le président américain a insisté sur le fait que les considérations électorales n’entraient à ses yeux pour rien dans son approche du dossier iranien. « Je n’ai accordé absolument aucune importance aux élections concernant l’Iran, et je ne leur en accorderai aucune. Cela ne me traverse même pas l’esprit. La seule chose qui compte, c’est que l’Iran n’aura jamais l’arme nucléaire », a-t-il martelé.
Trump a rappelé avoir engagé des négociations avec Téhéran dès son retour au pouvoir, en proposant selon lui une « coopération économique totale » en contrepartie de l’abandon par l’Iran de son programme nucléaire et de son soutien à des groupes qualifiés de terroristes par Washington. Il a affirmé que les autorités iraniennes avaient repoussé cette offre. Le dirigeant américain est également revenu sur les frappes menées contre les installations nucléaires iraniennes, répétant que le programme avait été « anéanti » et se trouvait désormais enfoui « sous des montagnes de décombres ». Il a présenté cette action comme la conséquence directe du refus iranien de négocier. « Après avoir donné à l’Iran toutes les chances de parvenir à un accord, j’ai agi afin de garantir que ni les États-Unis ni aucun autre pays n’aient jamais à faire face à un tel cauchemar », a-t-il déclaré.
Trump a par ailleurs dressé un bilan des dégâts qu’il attribue à l’action américaine contre les capacités militaires iraniennes. Selon lui, cent 59 bâtiments de la marine iranienne auraient été détruits, tout comme l’aviation militaire du pays, ses radars et ses systèmes de défense aérienne. Il a ajouté que les capacités iraniennes de fabrication de missiles et de drones se trouvaient désormais « presque entièrement » anéanties. Il a également évoqué l’état de l’économie iranienne, qu’il présente comme dévastée, en avançant un taux d’inflation qui dépasserait « largement 300 % » dans le pays. Il a en outre accusé l’Iran d’avoir rompu le cessez-le-feu établi dans le cadre des discussions sur le nucléaire, en pointant des attaques menées contre des navires civils appartenant à des pays tiers et transitant par le détroit d’Ormuz. Enfin, il a écarté les informations selon lesquelles les stocks de munitions américains s’amenuiseraient, assurant que Washington disposait de réserves largement supérieures à tout ce qu’il pourrait « imaginer utiliser » un jour et que ces stocks étaient actuellement renforcés jusqu’à atteindre des niveaux inédits.
Côté iranien, le ton est resté combatif. Le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi, a assuré mardi lors d’un entretien accordé à l’AFP à Téhéran que l’Iran « intensifiera » ses représailles en cas de nouvelles attaques américaines. « Notre résistance s’intensifiera assurément, forte de l’expérience acquise » durant la guerre déclenchée en février par des frappes israélo-américaines, a-t-il déclaré, ajoutant que « cette fois, nous ne nous contenterons pas de riposter mais notre approche sera offensive, et l’Amérique regrettera son action et sera plus humiliée que jamais ». Le porte-parole a par ailleurs fermé la porte à toute reprise du dialogue avec Washington. « Les Américains ont essayé de nous contacter mais nous refusons toute prise de contact. Nos contacts avec l’ennemi, tant qu’il est hostile, se font uniquement par les armes », a-t-il affirmé.
R.I.

