Le gouvernement dévoile les grands axes de la LF 2027 : Pouvoir d’achat et croissance en priorité
Réuni sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, le gouvernement a examiné l’avant-projet de loi de finances pour 2027, articulé autour de la consolidation de la croissance, du soutien à l’investissement productif et de la préservation du pouvoir d’achat. Le texte sera soumis au prochain Conseil des ministres pour adoption.
Le gouvernement a examiné, mercredi, l’avant-projet de loi de finances (LF) pour 2027, dont les orientations consacrent le soutien à l’investissement productif et la préservation du pouvoir d’achat, lors d’une réunion présidée par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, indique un communiqué des services du Premier ministre. Cet avant-projet sera soumis au prochain Conseil des ministres pour adoption.
Selon le communiqué, la réunion s’est ouverte par une communication sur le bilan de mise en œuvre des décisions prises par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres. Le gouvernement a ensuite entendu une communication sur l’avant-projet de LF 2027, à travers lequel il « entend poursuivre la mise en œuvre des hautes orientations » du chef de l’Etat, « en consacrant une approche fondée sur la consolidation de la croissance économique, l’accélération de la diversification de l’économie nationale et le soutien à l’investissement productif, ainsi que la préservation du pouvoir d’achat et le renforcement de la cohésion sociale ».
Sur le volet de l’investissement, le communiqué indique que l’avant-projet met en avant « la poursuite et le renforcement du soutien à l’investissement productif et à la réalisation des projets structurants », en privilégiant « les opérations à fort impact sur le développement économique et social », le renforcement du maillage infrastructurel national, l’amélioration de l’aménagement du territoire et la réduction des coûts logistiques.
Sur le plan social, le texte traduit « la volonté de poursuivre les efforts de préservation du pouvoir d’achat et de prise en charge des besoins sociaux », à travers la consolidation des mécanismes de soutien et la poursuite des programmes publics dans les secteurs prioritaires, notamment l’éducation, la santé, l’habitat et les infrastructures.
Guichet unique de l’investissement
Le document prévoit également un ensemble de mesures destinées à améliorer le climat de l’investissement et à renforcer l’accompagnement des opérateurs économiques, notamment avec la mise en service du Guichet unique de l’investissement, approuvé par le président de la République. Il vise aussi à accélérer la modernisation de l’administration et à améliorer la mobilisation des ressources publiques, par la simplification des procédures, le renforcement de la conformité fiscale et la poursuite de la transformation numérique de l’administration.
Ces orientations s’inscrivent dans le prolongement de la phase préparatoire de l’avant-projet, engagée plusieurs mois plus tôt. Le 19 mai, le ministère des Finances avait lancé officiellement la préparation du projet de LF 2027, à travers une lettre de cadrage adressée aux ordonnateurs du budget de l’Etat. Ce document, qui fixait en amont les orientations générales devant présider à l’élaboration du texte, en a balisé le contenu.
La lettre de cadrage relevait une conjoncture internationale « marquée par des tensions géopolitiques et commerciales persistantes ». Le cadrage macroéconomique prévisionnel table sur une croissance de 4,4 %, un prix de référence fiscal du baril de 60 dollars et une baisse des volumes d’exportation d’hydrocarbures de l’ordre de 0,5 %. Le niveau des dépenses publiques devait, précisait le ministère, être guidé par « la soutenabilité budgétaire à moyen terme et la nature limitée des recettes ». Les prévisions préliminaires du budget de l’Etat, établies dans le cadre du cadrage macroéconomique à moyen terme 2026-2028, font état de 17.800 milliards DA de dépenses, soit environ 135 milliards de dollars et près de 40 % du PIB. En matière d’investissement, la lettre accordait « la priorité absolue » au « parachèvement des opérations en cours de réalisation, notamment celles ayant un taux de réalisation de plus de 70% », les nouvelles inscriptions n’étant acceptées qu’après vérification des capacités humaines, techniques et financières des projets existants. Les ministères étaient par ailleurs invités à « aligner les crédits des dépenses courantes sur les besoins réels », à centraliser les achats et à mutualiser les moyens.
Sept axes stratégiques avaient été retenus à savoir l’accélération de la croissance hors hydrocarbures, avec la poursuite des grands projets structurants, notamment dans le secteur des mines ; la souveraineté alimentaire ; le capital humain ; la réduction des disparités régionales ; le logement ; la préservation du pouvoir d’achat, par le maintien du soutien aux produits de première nécessité et de large consommation ; et la modernisation numérique de l’administration. La lettre prévoyait aussi le maintien des dispositifs d’aide et de solidarité en faveur des tranches sociales les plus vulnérables.
Amar Malki

