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Détroit d’Ormuz : Téhéran propose un plan de réouverture, Trump refuse

L’Iran a soumis aux Etats Unis un plan prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz sous sept jours, mais Donald Trump l’a rejeté, plongeant un peu plus dans l’impasse des pourparlers déjà fragiles entre les deux capitales.

Le président américain s’est exprimé samedi devant des journalistes à la Maison Blanche pour confirmer ce refus. « Ils ont fait une proposition et je l’ai rejetée », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par le média américain Axios. Cette annonce fait suite à des informations du Wall Street Journal, qui citait des responsables américains affirmant que Téhéran ne répondrait pas aux exigences posées par Washington. Le quotidien évoque même la possibilité d’une reprise des frappes américaines sur le sol iranien après les élections législatives de mi mandat prévues en novembre. Le plan iranien avait été présenté cette semaine à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, lors d’un nouveau cycle de négociations indirectes. L’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le gendre du président Trump, Jared Kushner, ont rencontré à cette occasion le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, des responsables qatariens assurant la transmission des messages entre les deux délégations. Selon des sources proches du dossier citées par Axios, Téhéran proposait de rouvrir le détroit et de relancer les discussions sur le dossier nucléaire dans un délai d’une semaine, en échange de la levée du blocus naval américain, de la suppression des sanctions frappant les exportations pétrolières iraniennes et du rétablissement d’un cessez le feu à l’échelle régionale. Les négociateurs américains ont toutefois objecté que l’Iran ne détenait pas juridiquement le contrôle du détroit et ne pouvait donc poser de conditions à ce sujet.

Le chef de la diplomatie iranienne a précisé, depuis New York, que le compte à rebours de sept jours ne débuterait qu’à partir du moment où Washington accepterait formellement la proposition. De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a tenu à souligner que son pays restait disposé au dialogue. « L’Iran n’a pas quitté la table des négociations », a t il affirmé lors d’un entretien avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, avant de quitter New York à l’issue d’une semaine de rencontres diplomatiques. Il a toutefois nuancé ce propos en rappelant que Téhéran nourrissait une méfiance persistante à l’égard de Washington, une réserve qu’il a justifiée par le poids des expériences passées entre les deux pays.

Cette défiance mutuelle s’est également manifestée de façon symbolique. Le président américain a publié sur son réseau Truth Social une carte du détroit d’Ormuz rebaptisée pour l’occasion « Détroit Trump », un geste qui illustre la tension persistante et les visées impérialistes de l’administration Trump autour de cette voie maritime par laquelle transitait auparavant près d’un cinquième des hydrocarbures échangés dans le monde. Ce passage stratégique est au cœur d’un conflit déclenché fin février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Depuis lors, la République islamique en revendique le contrôle, tandis que Washington maintient un blocus visant les ports iraniens. Aucune frappe américaine n’a visé le territoire iranien depuis le 1er septembre, date à laquelle une série d’attaques avait fait cinq morts et plusieurs dizaines de blessés lors d’un mariage dans le sud est du pays, même si des navires ont depuis été touchés dans le détroit.

Le dossier aérien vient s’ajouter à cette liste de contentieux. Le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a démenti samedi, selon Press TV, toute intention de riposte militaire face aux restrictions imposées à l’aviation iranienne, précisant que des négociations étaient en cours avec les pays concernés pour obtenir la levée de mesures qu’il a qualifiées d’illégales. L’organisme a néanmoins fait savoir que Téhéran disposait de plusieurs options non militaires susceptibles d’être mobilisées contre certains aéroports si la situation l’exigeait. Ce communiqué intervient après une mise en garde du secrétaire du conseil, Mohsen Rezaei, qui avait averti les pays voisins que leurs propres aéroports pourraient être affectés en cas de coopération avec les restrictions américaines. Un haut conseiller du Guide suprême, Mohammad Mokhber, avait de son côté résumé la position iranienne en affirmant que les voyages aériens dans la région devaient rester « accessibles à tous, ou à personne ».

Ces restrictions font suite à l’annonce du secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, selon laquelle les compagnies aériennes iraniennes ne pourraient plus opérer à l’international à partir du 23 septembre, en application de nouvelles sanctions. Plusieurs pays de la région, dont Oman, les Emirats arabes unis et l’Irak, ont depuis interdit les vols iraniens sur leur territoire.

Malgré la multiplication de ces points de friction, un responsable américain cité par Axios a assuré que des discussions qualifiées de positives et constructives se poursuivaient entre les deux pays par l’intermédiaire de médiateurs régionaux, notamment sur le dossier nucléaire. La Turquie et le Qatar continuent d’ailleurs leurs efforts pour maintenir un canal de communication entre Washington et Téhéran, sept mois après le début d’un conflit qui semble encore loin de trouver une issue négociée.

Lyes Saïdi

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