Économie

Sonatrach au Niger : Quatre puits à exploiter, un gazoduc et un partenariat « d’égal à égal »

Sonatrach change de rythme au Niger. Son vice-président chargé de la stratégie et de la planification, M. Fayçal Laraba, a annoncé, lundi, que le groupe s’est engagé sur quatre puits à exploiter d’ici deux ans sur le permis de Kafra, alors que les levés topographiques du gazoduc transsaharien doivent démarrer en octobre. Invité de l’émission « L’invité du jour » de la Chaîne 3, M. Laraba a replacé ces dossiers dans la stratégie de déploiement de Sonatrach en Afrique. « Sonatrach est présente au Niger depuis 2005 », a-t-il rappelé, à travers l’amont pétrolier et gazier et le projet Kafra. En vingt et un ans, les campagnes sismiques d’exploration et d’appréciation ont donné des forages positifs, à l’origine de la découverte de Kafra 1. Une seconde phase d’évaluation du potentiel est désormais engagée, dans l’espoir, a-t-il dit, d’« un développement ambitieux ».

Le responsable a précisé que cette dynamique a été relancée « sous les directives des Hautes autorités du pays », avec de nombreux projets initiés avec Sonidep et ses filiales, de l’amont jusqu’à la transformation, en passant par le transport et la formation. Il a insisté sur la philosophie de ce rapprochement. « La coopération algéro-nigérienne est basée sur le principe d’égal à égal, dans laquelle chaque pays trouvera son intérêt», a-t-il souligné.

La formation constitue l’autre pilier du partenariat. Deux structures sont mobilisées, l’Institut algérien du pétrole (IAP) et la Sonatrach Management Academy (SMA), chargée de la formation continue. Le groupe prépare actuellement les programmes et formalise les besoins du Niger en ressources humaines, en vue de ses futures productions. Il faudra ensuite dimensionner les installations d’exploitation et d’acheminement du brut, la commercialisation intervenant en dernière étape.

Ce calendrier s’inscrit dans le dégel des relations entre Alger et Niamey, acté le 16 février lors de la visite du président Abdourahamane Tiani à Alger. Le permis de Kafra a été prorogé de deux ans le 15 avril, et Sonatrach détient 50 % du projet, l’autre moitié revenant à Sonidep. Le 13 août, la filiale Enafor y a lancé le forage du puits Kafra Sud-Est 1, lors d’une cérémonie présidée par les Premiers ministres algérien et nigérien, MM. Sifi Ghrieb et Ali Mahaman Lamine Zeine. Le forage doit atteindre environ 3 900 mètres, sur un périmètre où Sonatrach a déjà acquis quelque 2 200 km de sismique 2D et 760 km² de sismique 3D.

Reste le gazoduc transsaharien (TSGP). M. Laraba a confirmé pour octobre le début de l’opération topographique destinée à fixer le tracé au Niger, où « les discussions se passent bien ». Long de 4 128 km entre Warri (Nigeria) et Hassi R’Mel, dont 841 km en territoire nigérien, l’ouvrage doit acheminer 30 milliards de m³ par an pour un coût estimé à 13 milliards de dollars. Le tronçon algérien, de 700 km, est en chantier depuis le 4 juin à Aoulef (Adrar), tandis que ces levés seront accompagnés d’études environnementales, d’impact et géotechniques. Côté nigérien, la construction n’a pas encore commencé.

Samira Ghrib

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *