Économie

Impactés par la crise bancaire : Les cours du pétrole finissent la semaine en baisse

La crise banque induite par les faillites de Silicon Valley Bank et Signature Bank aux Etats-Unis, ainsi que par les difficultés de Crédit suisse en Europe, continue de peser sur les marchés financiers et les marchés des matières premières. Dans ce sens, les cours du baril de brut, affectés par la déprime des marchés, a fini vendredi la semaine de cotation à la baisse. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a perdu 1,21% à 74,99 dollars après avoir lâché jusqu’à plus de 3%. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, a cédé 1,00% à 69,26 dollars après être tombé à 67,47 dollars. Les deux références mondiales du brut ont ainsi perdu une grande partie de leurs gains cette semaine, « les craintes de contagion (dans le secteur bancaire) et les risques de récession continuant à freiner la demande d’actifs plus risqués », explique Han Tan, analyste d’Exinity. « Les inquiétudes bancaires sont de retour et le pétrole est durement touché par un mouvement de fuite vis-à-vis du risque de la part des fonds de couverture et des banques qui réduisent leurs expositions sur le pétrole », a expliqué Phil Flynn de Price Futures Group. « On n’assiste pas tant à un repli de la demande de brut qu’à un repli des investissements », a ajouté le courtier.

Les craintes quant à la solidité du secteur bancaire ont repris de plus belle vendredi, les Bourses européennes s’inscrivant en fort repli après une nette augmentation du prix de l’assurance contre le risque de défaut (CDS) de plusieurs banques européennes. Depuis la faillite de la banque californienne Silicon Valley Bank (SVB), puis de deux banques régionales américaines, suivi d’autres turbulences en Europe, les investisseurs délaissent les actifs à risque comme les matières premières, malgré des regains de confiance passagers. Le rachat en urgence de Credit Suisse par sa concurrente UBS devait en effet sonner la fin de la crise de confiance dans le secteur, et l’absence de remous après ce sauvetage annoncé dimanche avait momentanément rassuré les marchés. Autre facteur pesant fortement sur les prix du brut: la secrétaire américaine à l’énergie, Jennifer Granholm « a laissé entendre que le remplissage des réserves stratégiques (SPR) de pétrole des États-Unis pourrait prendre des années », indique Stephen Brennock, de PVM Energy.

« La spéculation était née du fait que la baisse marquée des prix avait fait plonger le prix du WTI pendant un certain temps au-dessous de la fourchette de 67-72 dollars par baril », limite que le gouvernement américain avait définie à l’automne comme la condition à remplir pour l’achat de brut pour la reconstitution des réserves, explique Carsten Fritsch, de Commerzbank. L’absence d’achat de brut pour reconstituer les SPR, qui affichent actuellement leur plus bas niveau depuis décembre 1983, représente ainsi « un coup dur pour les perspectives de la demande de pétrole », poursuit M. Brennock. Mais pour Phil Flynn, ce facteur était déjà intégré par le marché et la baisse des cours des deux derniers jours est « à 90% basée sur la peur de la crise bancaire ».

R.E.

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