OAIC : Deux appels d’offres pour l’achat de 100.000 tonnes d’orge et de blé
L’Algérie poursuit le renforcement de ses réserves céréalières à l’approche de l’hiver avec le lancement de deux appels d’offres internationaux portant chacun sur 50 000 tonnes : l’un pour l’achat d’orge fourragère, l’autre pour du blé tendre. L’annonce, rapportée par Reuters qui cite des opérateurs européens, précise que les offres doivent être déposées d’ici mardi 11 novembre, avec une validité maintenue jusqu’au mercredi 12 novembre. Contrairement aux volumes habituellement acquis par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), les quantités visées apparaissent limitées, notamment en raison de la restriction du déchargement à deux ports seulement, Mostaganem et/ou Ténès, ce qui devrait circonscrire logiquement la taille globale des achats. Selon les modalités indiquées dans la consultation, l’orge pourra être expédiée depuis des origines au choix des fournisseurs, avec un calendrier étalé en quatre séquences : du 1er au 15 décembre, du 16 au 31 décembre 2025, puis sur deux périodes mensuelles durant janvier et février 2026. Le blé tendre devra suivre les mêmes échéances lorsque l’origine sera européenne ou d’une autre région d’approvisionnement classique. En revanche, pour des cargaisons provenant d’Amérique du Sud ou d’Australie, l’appel d’offres impose un embarquement anticipé d’un mois, une exigence logistique destinée à compenser des temps de transport plus longs.
Ces nouveaux achats interviennent dans un contexte où le marché algérien a, ces derniers mois, accordé une place croissante aux céréales originaires de la mer Noire, en particulier pour le blé. Ils s’inscrivent également dans la continuité des opérations récentes de l’OAIC, qui avait acquis il y a trois semaines environ 400 000 tonnes de blé dur dans un autre appel d’offres, largement au-delà du volume nominal de 50 000 tonnes annoncé initialement. Les négociants européens avaient alors estimé les prix autour de 324 dollars la tonne pour les cargaisons Panamax et 334 dollars pour les Handymax, avec des origines majoritairement canadiennes et américaines.
Le recours régulier au marché international demeure, malgré les projections du Département américain de l’Agriculture (USDA) qui anticipaient, pour la campagne 2024-2025, une production nationale d’environ 3 millions de tonnes de blé et 1,2 million d’orge. Ces niveaux restent insuffisants au regard d’une demande intérieure supérieure à 1,6 million de tonnes pour l’orge, dont l’usage est largement orienté vers l’alimentation animale. Les données récentes confirment la persistance du besoin d’importation : en 2023-2024, l’Algérie a importé environ 480 000 tonnes d’orge, un volume inférieur à celui des campagnes 2019-2020 et 2020-2021, mais supérieur à celui de 2022-2023 marqué par un repli exceptionnel. Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore communiqué les résultats de la dernière campagne, mais vise une autosuffisance en orge horizon 2026.
Pour le blé tendre, les acquisitions extérieures ont fluctué entre 6,4 et 8 millions de tonnes au cours des dernières années. Le nouvel appel d’offres, bien que portant sur un volume modeste, s’inscrit dans cette continuité, illustrant la stratégie d’ajustement progressif des stocks pour sécuriser l’approvisionnement national.
Amar Malki

