Lutte contre la corruption : 100 jeunes ambassadeurs de la transparence et de l’intégrité formés
Cent jeunes Algériens vont être formés pour devenir des « Ambassadeurs de l’intégrité » et diffuser les valeurs de transparence au sein de la société. L’initiative, lancée samedi à Oran par la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC) en partenariat avec le Conseil supérieur de la jeunesse (CSJ), marque une inflexion majeure dans la stratégie nationale de lutte contre la corruption : faire de la jeunesse le premier rempart contre ce fléau, avant même que la répression n’entre en jeu. C’est en marge d’une session de haut niveau sur l’innovation et la transformation numérique, organisée dans le cadre du premier Forum national du programme de qualification des jeunes leaders, que la présidente de la HATPLC, Salima Mousserati, a officialisé le lancement du dispositif. Pour elle, cette initiative représente « l’aboutissement de l’accord de partenariat conclu avec le Conseil supérieur de la jeunesse à l’issue d’une série de rencontres préparatoires et de sessions de formation conjointes ». Une genèse qui témoigne d’un travail de fond mené bien en amont de cette annonce publique. Le principe cardinal du programme repose sur la logique de la démultiplication. Il ne s’agit pas de former cent jeunes pour cent jeunes, mais bien de créer une chaîne de transmission des valeurs. Mme Mousserati a précisé que ces cent lauréats, porteurs du titre « Ambassadeurs de l’intégrité », seront appelés à « assumer un rôle central dans la diffusion des valeurs de transparence au sein de la société et de ses institutions ». En clair : former des formateurs, capables de rayonner bien au-delà de leur propre cercle.
L’ambition affichée va au-delà du simple signalement des actes de corruption. La présidente de la HATPLC a insisté sur la dimension préventive et culturelle du projet, qui vise à « doter les jeunes des connaissances et des outils nécessaires pour lutter contre la corruption, non seulement en la signalant, mais aussi en ancrant une culture de son rejet et de son refus ». Une nuance fondamentale : il s’agit de construire une éthique collective, pas seulement d’encourager la délation. L’enjeu est considérable dans un pays qui dispose, rappelle Salima Mousserati, « d’un cadre juridique complet pour lutter contre la corruption, notamment la loi 06-01 ». Mais l’arsenal répressif, aussi étoffé soit-il, ne suffit pas. La présidente de la HATPLC a exprimé sa confiance dans « la capacité des jeunes Algériens à relever le défi et à contribuer efficacement à la protection des ressources nationales et à l’ancrage de la culture de l’intégrité ». Une formulation qui dit implicitement ce que les seuls textes de loi ne peuvent garantir : la volonté collective.
Cette initiative intervient dans un contexte où l’Algérie multiplie les signaux en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption. Associer institutionnellement la jeunesse à cet effort — par le biais d’un organe officiel comme le CSJ — traduit une volonté de faire de cette génération non plus un simple objet de politique publique, mais un acteur à part entière de la transformation de la société. La première promotion des « Ambassadeurs de l’intégrité » sera prochainement constituée. Son travail commencera là où les lois s’arrêtent : dans les mentalités.
Salim Amokrane

