Takdjout : « Les préoccupations des travailleurs se traitent par le dialogue »
Le message était clair, et il a été délivré sans ambages. Réuni ce samedi à l’Université Alger 3 pour le premier congrès de la Fédération nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Amar Takdjout, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens, a réaffirmé avec force que le dialogue constitue la colonne vertébrale de l’action syndicale de la centrale qu’il dirige.
Devant les délégués syndicaux réunis en congrès, Takdjout a rappelé que les préoccupations des travailleurs se traitent «par le dialogue, inspiré de l’histoire de l’Union et de ses principes suprêmes». L’UGTA, a-t-il affirmé, reste «attachée à sa ligne nationale et engagée à défendre l’intérêt suprême du pays». Une escalade non réfléchie, a-t-il prévenu, «ne sert ni l’intérêt des travailleurs ni la stabilité des institutions». La grève demeure un recours possible, mais exceptionnel, encadré par des règles claires : consultation des bases, réunions statutaires, communication publique. Rien de tout cela ne saurait se décider par voie de tract anonyme.
Un faux appel à la grève
C’est précisément ce que cherchait à faire croire un document qui circulait depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux et dans certains médias : un prétendu appel à une grève nationale ouverte, attribué à l’UGTA, fixée au lundi 20 avril au profit des corps communs de la fonction publique. Takdjout l’a démenti catégoriquement. Dans un communiqué officiel publié dans la foulée, l’Union a «nié de façon catégorique et ferme la véracité de cette lettre dans son intégralité», la qualifiant de «document falsifié sans aucun fondement, sans lien avec les positions ou les structures de l’Union». Pour le secrétaire général, ce faux document n’est pas un incident isolé. Il s’inscrit dans un schéma plus préoccupant : des «tentatives de nuire à l’image de l’Union et de perturber son processus organisationnel», particulièrement visibles dans cette période de restructuration interne que traverse la centrale. L’objectif de ces manœuvres est transparent — «tromper l’opinion publique et semer la confusion dans les rangs des travailleurs et des syndicalistes» —, et leur auteurs ont manifestement voulu exploiter la sensibilité du moment social pour créer un rapport de force artificiel.
Face à cette menace, la réponse de l’UGTA est double. Sur le plan judiciaire d’abord : l’organisation a annoncé l’engagement de poursuites contre «quiconque se trouve derrière la rédaction de cette lettre falsifiée, sa promotion ou sa diffusion», en saisissant les juridictions compétentes «afin de tenir les impliqués pour responsables conformément aux lois en vigueur». Sur le plan de la vigilance collective ensuite : Takdjout a appelé l’ensemble des travailleurs et syndicalistes à «faire preuve de vigilance et de prudence, à ne pas se laisser emporter par les rumeurs et à ne se fier qu’aux communiqués officiels émanant de l’Union». Une mise en garde qui vaut aussi pour les médias, invités à ne pas relayer des sources non vérifiées dont la circulation fragilise la crédibilité du mouvement syndical dans son ensemble.
Le secrétaire général a par ailleurs revendiqué une méthode personnelle fondée sur la transparence : il assume publiquement ses prises de position, n’agit pas en se cachant derrière des documents anonymes et ne fait pas transiter ses décisions par des canaux officieux. Une façon de marquer la différence entre l’action syndicale légitime et les pratiques de ceux qui cherchent à la contourner.
Ce congrès a également été l’occasion de reconduire Messaoud Amarna à la tête de la FNESRS pour un nouveau mandat, par acclamation. Amarna a qualifié ce premier congrès de «étape décisive pour ancrer la pratique syndicale responsable» et salué l’attention portée par le président Tebboune à l’université et à la recherche scientifique. Le ministre de la Communication, Zoheir Bouamama, assistait à la cérémonie aux côtés d’un représentant du ministère de l’Enseignement supérieur.
Samir Benisid

